Les provinces de l’Ennedi Ouest, de l’Ennedi Est et de la Tandjilé ont offert au public une véritable immersion dans la richesse de leurs patrimoines culturels, le lundi 29 décembre 2025. Entre sons de tam-tam, balafons, danses rituelles et messages sociaux forts, ces provinces ont transformé le podium en un espace vivant de transmission et de célébration des traditions.
Sous les rythmes puissants des tam-tams Deitose, Thélékou, Adjouwana, Alikasari et Tose pour l’Ennedi, et des danses Ndo, Saye, Gabri et Nang pour la Tandjilé, les spectateurs ont assisté à une démonstration vibrante de diversité culturelle. Chaque pas de danse, chaque instrument et chaque costume raconte une histoire profondément ancrée dans l’identité des communautés.
La province de la Tandjilé a particulièrement marqué les esprits en mettant en avant la danse Nang, un choix fort et symbolique. Longtemps pratiquée mais peu connue du grand public, cette danse est exécutée lors des cérémonies d’initiation des jeunes filles sans recours à l’excision, s’inscrivant ainsi dans la lutte contre les pratiques néfastes. Par ce choix artistique, la Tandjilé a apporté sa contribution à la sensibilisation et à la promotion des droits des filles, en parfaite cohérence avec les politiques publiques en la matière.
Vêtus de tenues traditionnelles faites de fils de sac et de perles tissées, exclusivement réservées aux initiés, les danseurs ont exécuté la danse Ndo Mouroum, tête baissée, épaules légèrement inclinées et corps vibrant au rythme des pas. Certains portaient des couteaux de jet sur les épaules, symbole fort du passage à l’initiation. La danse Gabri, considérée comme l’ancêtre des danses de la Tandjilé, a également été présentée. Elle est traditionnellement exécutée pour accueillir les lutteurs lors des jeux de lutte à la corde.
Autre moment marquant, la danse Ngangnangné, célébrée chaque mois d’octobre, symbolisant la nouvelle année chez la communauté Kabalaye, période au cours de laquelle les jeunes entrent en initiation. Plusieurs chants traditionnels très appréciés dans la Tandjilé ont également été interprétés, suscitant une vive émotion dans le public.
Du côté de l’Ennedi Ouest et Est, la dimension culturelle s’est illustrée par la présence remarquée du dromadaire au cœur des danses. Animal emblématique de la région, il accompagne les danseurs dans presque toutes les chorégraphies traditionnelles. « Le dromadaire symbolise la richesse, la loyauté et l’encouragement », a expliqué Ali Mahamat, point focal de la province.
Les danses Tose, Thélékou et Dethose sont généralement exécutées lors des cérémonies de mariage, de circoncision et de baptême. Quant au Kirding, il est chanté et dansé pour faire l’éloge d’un chef, d’une autorité ou d’une personnalité respectée. La danse Ardjouwara, plus rare, est réservée aux anciens et meilleurs danseurs lors d’événements solennels, notamment l’intronisation des chefs coutumiers.
À travers ces prestations riches de sens et d’émotion, l’Ennedi et la Tandjilé ont rappelé que la culture demeure un pilier essentiel de l’identité nationale, un espace de transmission des valeurs et un puissant levier de cohésion sociale. Le festival Dary s’affirme ainsi comme une véritable vitrine du patrimoine culturel tchadien.
Kaltouma Naïlar












Ajouter un commentaire