Accueil » Editorial : Des moyens concrets pour réussir
Tchad

Editorial : Des moyens concrets pour réussir

En juillet 2025, pendant quatre jours, un séminaire national sur la décentralisation s’est tenu à N’Djaména. Objectif, informer les responsables des collectivités autonomes et leurs tutelles afin qu’elles s’arriment aux nouvelles dispositions légales régissant lesdites collectivités et clarifier le rôle et les prérogatives des uns et des autres ; un rôle inscrit noir sur blanc dans la Constitution de la République. Et ce rôle ne peut se jouer sans le transfert concomitant des compétences et des ressources pour la réussite de leur mission. Ceci, pour la réussite également de la décentralisation qui en fait son cheval de bataille le principe de rapprocher l’administration des administrés, renforcer l’unité et la cohésion nationales. Toutes ces préoccupations que le Président de la République, Mahamat Idriss Deby Itno, a réitérées lors de son adresse de vœux à la nation le 31 décembre 2025.

Ainsi, le transfert des compétences et des ressources dont il s’agit ici, consiste à déléguer une partie des prérogatives de l’Etat central aux dirigeants des collectivités autonomes. Et au stade actuel, le Tchad dispose des conseils provinciaux et communaux élus qui devraient avoir en charge des secteurs vitaux comme l’éducation, l’eau, le développement rural, etc. Mais pour exercer entièrement et correctement les compétences qui sont les leurs, ceux-ci doivent disposer des moyens humains, financiers et logistiques indispensables. Qu’en est-il concrètement sur le terrain ? Les propos sont-ils effectivement suivis d’actes ?

Les réponses à ces interrogations et préoccupations sont à nuancer. La preuve, le président de l’Association nationale des conseils provinciaux du Tchad, Dr Keumaye Ignegonba, a exprimé ses préoccupations il y a un mois à L’Info. Pour lui, il y a beaucoup à faire pour que se concrétise la décentralisation. D’abord l’installation idoine des structures, la clarification du statut des présidents et conseillers ainsi que les partenariats nationaux et internationaux prévus par la loi organique 014 ne sont pas faits. Ensuite, le financement est insuffisant, car sur une subvention de 491 millions de F CFA pour l’ensemble des provinces, seulement 100 millions de F CFA ont été effectivement versés. Enfin, la faible ou la mauvaise compréhension de la décentralisation est déplorée.

A ce rythme, il est à craindre que les objectifs prévus initialement dans le processus de décentralisation qui sont le développement à la base, la prise en main des provinces et des communes par leurs habitants et le bien-être socioéconomique ne soit qu’une chimère. Un développement qui prend en compte, en amont, les domaines tels que l’agriculture, l’industrie, le développement économique, l’éducation, la santé, l’énergie, la culture, etc., mérite des moyens financiers, humains et matériels de qualité et en quantité. Or, au constat, ce n’est pas le cas en ce moment. Pour la réussite donc de la décentralisation, l’application stricte des textes et la mise à disposition des moyens qu’il faut s’imposent.

La Rédaction

À propos de l'auteur

ATPE

Ajouter un commentaire

Cliquez ici pour poster un commentaire