Accueil » Editorial: Gaspillage alimentaire, un fléau
Editorial

Editorial: Gaspillage alimentaire, un fléau

Le monde célèbre, chaque 29 septembre, la Journée internationale de sensibilisation aux pertes et gaspillages de nourriture. Dans un pays comme le Tchad où de nombreuses familles connaissent des difficultés pour se nourrir convenablement, voir des quantités de nourriture finir à la poubelle est une situation déplorable. Il y a encore quelques années au Tchad, jeter les restes d’un repas n’était pas forcément la première option. Dans de nombreuses familles, la nourriture restante était conservée,réchauffée le lendemain ou donnée à un voisin, à un proche ou à une personne dans le besoin. Le partage faisait partie des habitudes. Ce qui restait sur une table pouvait encore avoir une valeur pour quelqu’un d’autre. Aujourd’hui, cette culture du partage tend à disparaitre. A cela s’ajoute une difficulté bien réelle, celle de la conservation des aliments.Le réfrigérateur est devenu indispensable dans de nombreux foyers pour conserver les repas et éviter leur détérioration. Mais, encore faut-il disposer d’une électricité suffisamment stable pour le faire fonctionner. Dans certaines périodes et certaines localités, les coupures d’électricité rendent impossible la conservation des aliments. Cette réalité devrait pousser non pas à jeter davantage, mais à réfléchir autrement à la manière de consommer. Il ne s’agit pas de demander aux familles de consommer des aliments devenus impropres à la consommation. La prudence sanitaire est indispensable. Mais entre jeter systématiquement et conserver intelligemment, gaspiller et partager, il existe bien évidement des solutions. Il faut réapprendre à préparer des quantités adaptées, à conserver correctement ce qui peut l’être, à consommer rapidement les restes et, lorsque cela est possible et sûr, le partager. Cette responsabilité ne concerne, d’ailleurs pas uniquement, les ménages. Les restaurants, hôtels, cantines, commerces, marchés, institutions et autres acteurs de la chaîne alimentaire ont également un rôle à jouer dans la réduction du gaspillage. Des mécanismes simples de redistribution des aliments encore consommables pourraient permettre d’éviter qu’une partie de cette nourriture ne termine inutilement dans les poubelles. Car derrière chaque aliment jeté se trouvent aussi de l’eau, du travail, de l’énergie, des ressources agricoles et de l’argent. Gaspiller un repas, ce n’est donc pas seulement perdre de la nourriture ; c’est aussi gaspiller toutes les ressources mobilisées pour le produire, le transporter et le préparer. Le Tchad ne peut évidemment pas régler le problème de l’insécurité alimentaire uniquement en récupérant les restes des ménages. Les causes de la faim sont beaucoup plus profondes et nécessitent des réponses économiques, agricoles, sociales et politiques. Mais cela ne doit pas empêcher de prendre des mesures appropriées. Que ce soit dans les familles, les quartiers, les restaurants et les communautés, chacun peut contribuer à réduire le gaspillage. Une assiette de nourriture encore consommable ne devrait pas devenir un déchet simplement parce qu’elle n’a pas trouvé de preneur au bon moment. Ce qui est inutile pour l’un peut encore être précieux pour l’autre. Dans une société confrontée à la faim, la nourriture ne devrait pas être considérée comme un déchet, elle mérite mieux que la poubelle.

La rédaction

À propos de l'auteur

batran batran

Ajouter un commentaire

Cliquez ici pour poster un commentaire