Certaines situations exigent de la retenue avant que les tensions ne dégénèrent. C’est précisément le cas de ce qui se déroule actuellement sur les réseaux sociaux, devenus, pour certains, non plus des espaces d’expression, mais de véritables tribunes d’attaques et de règlements de comptes. Les prises de parole de certaines personnalités publiques interrogent sur le sens de responsabilité et les exigences de la communication publique.
De nombreuses plateformes numériques sont mises à contribution dans le seul but de tirer à boulets rouges sur les pouvoirs publics. Derrière les claviers où les blogs se cachent des cadres aigris, en mal de visibilité et souvent jaloux qui ne savent pas œuvre utile de leur temps et intelligence. C’est ainsi qu’à travers leurs messages qui ne sont pas de nature à édifier ni à rassembler, sèment le doute au sein de l’opinion publique. Peu importe les raisons, rien ne peut justifier les incartades, les diffamations et les injures envers les autorités établies.
Au-delà du cadre légal qui garantit la liberté d’expression, l’utilisation des réseaux sociaux et d’autres canaux inappropriés appelle à davantage de discernement. Toute personnalité investie de hautes fonctions, même lorsqu’elle n’est soumise à aucune restriction particulière, devrait savoir que le silence est parfois plus utile que la parole.
Cette exigence est d’autant plus importante que la frontière entre la sphère privée et la sphère publique demeure floue aux yeux des citoyens. Pour l’opinion, un ministre, un député, un sénateur, un maire ou toute autre autorité conserve son statut et l’autorité qui y est attachée, y compris en dehors de l’exercice de ses fonctions. Lorsqu’il est en activité, la confusion est encore plus grande : chacun se demande si la personnalité s’exprime en son nom propre ou au nom de l’institution qu’elle représente.
En contournant les mécanismes institutionnels prévus pour gérer les différends entre responsables publics, les auteurs de ces sorties médiatiques ont-ils pleinement mesuré les conséquences de leurs actes ? Et que font leurs supérieurs hiérarchiques pour rappeler les règles de conduite ? C’est là que réside le véritable problème.
Dans un pays où les plus hautes autorités ne cessent d’appeler au dialogue, à la paix et au vivre-ensemble, ces échanges acrimonieux donnent l’impression d’un discours en contradiction avec les actes. Sans prétendre donner des leçons à quiconque, il convient de dire les choses avec franchise : une forme d’addiction au sensationnel semble gagner certaines personnalités publiques. Ce phénomène est préoccupant, car il fragilise l’image des institutions et contribue à détériorer le débat public.
Il est temps que chacun prenne la pleine mesure de cette dérive afin d’éviter que de nouveaux incidents ne viennent alimenter la polémique. À défaut, les invectives risquent de se multiplier, au détriment de l’intérêt général. Puissent tous retrouver le sens de la mesure, de la responsabilité et du respect mutuel. Le Tchad a des défis bien plus importants à relever que de voir ses fils et ses filles se livrer publiquement à des querelles qui n’honorent ni leurs fonctions ni la République.
La Rédaction












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