Le ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, Gassim Chérif Mahamat, a procédé, le jeudi 14 mai 2026, à une mise au point relative aux graves accusations portées contre les Forces de défense et de sécurité (FDS). Ces allégations, relayées à la suite des opérations de riposte menées contre des positions djihadistes dans la région du Lac Tchad, évoquent des exactions commises contre des populations civiles. Le Haut-Commissariat des Nations-Unies aux droits de l’homme s’est d’ailleurs saisi de cette affaire en réclamant l’ouverture d’une enquête. Cette démarche suscite incompréhension et interrogation au sein de l’opinion publique. Nombreux sont ceux qui s’interrogent tant sur la pertinence que sur l’opportunité d’une telle initiative dans un contexte marqué par une lutte acharnée contre le terrorisme. En effet, après les attaques meurtrières perpétrées par Boko Haram contre les Forces de défense et de sécurité, aucune mobilisation internationale significative n’a véritablement été observée, hormis quelques communiqués de condamnation aussi sobres que convenus.
Pourtant, le bon sens aurait voulu qu’une enquête internationale indépendante soit diligentée afin d’identifier les circuits de financement, les réseaux d’approvisionnement en armes et les soutiens logistiques dont bénéficient les groupes terroristes qui endeuillent régulièrement les populations du bassin du Lac Tchad. Une telle démarche aurait permis d’attaquer le mal à sa racine et de contribuer efficacement au retour de la paix. Mais sur ce terrain, le silence et l’inaction ont malheureusement prévalu.
À l’inverse, avec une célérité déconcertante, certains observateurs internationaux semblent avoir rapidement distingué, parmi les combattants neutralisés, des civils supposément victimes des affrontements. Une telle assurance interroge. Car une question essentielle demeure sans réponse : que faisaient encore des civils dans des zones notoirement occupées et contrôlées par des groupes armés terroristes, là même où toute présence humaine ordinaire expose à l’enlèvement, à l’exécution sommaire ou à la disparition forcée ?
Cette perception sélective des événements nourrit progressivement la défiance de plusieurs États africains à l’égard de certaines institutions internationales. Les réactions de certains dirigeants de l’Alliance des États du Sahel traduisent d’ailleurs ce malaise grandissant face à une communauté internationale souvent accusée d’appliquer le principe du «deux poids, deux mesures». Le Tchad, confronté depuis des années aux menaces terroristes, ne saurait être sommé de céder à la résignation. Exiger de lui une retenue absolue face aux ennemis de la paix reviendrait, en réalité, à offrir un terrain favorable à ceux qui cherchent à déstabiliser la nation et à compromettre sa souveraineté. Dans cette lutte existentielle, les Tchadiens doivent privilégier l’unité nationale au détriment des divisions stériles. Au lieu de se livrer à des procès d’intention ou à des campagnes de dénigrement contre les Forces de défense et de sécurité (FDS), chacun est appelé à faire preuve de responsabilité et de solidarité. Car c’est l’intégrité du territoire national, la paix civile et l’avenir même du pays qui sont en jeu. Sans sécurité durable, aucune ambition d’émergence ni aucun projet de développement ne pourront véritablement prospérer.
La Rédaction












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