Il est des pratiques qui prennent aujourd’hui une ampleur inquiétante au pays de Toumaï. Des comportements qui, loin de contribuer au développement national, participent plutôt à enfoncer davantage le pays dans la pauvreté, la division et la médiocrité.
Derrière leurs écrans et leurs claviers, certains passent leurs journées à surveiller les faits et gestes des autres pour les interpréter systématiquement de manière négative. Sur les réseaux sociaux et autres plateformes numériques, ils excellent dans la critique facile, la diffamation et le discrédit, visant aussi bien les institutions que les citoyens qui accomplissent pourtant leur travail avec sérieux et patriotisme.
Cette attitude rappelle malheureusement les paroles du chanteur ivoirien Alpha Blondy : « Les ennemis de l’Afrique, ce sont les Africains. » À voir certains comportements, l’on est en droit de se demander si certains fils du Tchad ne sont pas devenus, malgré eux, les premiers adversaires de leur propre pays.
À peine une personne réalise-t-elle une performance, initie-t-elle un projet ou accède-t-elle à une responsabilité que les attaques fusent aussitôt. Sans preuves, sans vérification et souvent sans la moindre retenue, des accusations sont relayées à grande vitesse sur internet. Pourtant, diffuser de fausses informations n’a rien d’un acte de courage ou de dénonciation citoyenne. C’est plutôt l’expression d’une certaine aigreur, d’un manque de responsabilité et parfois d’une quête de visibilité auprès d’un public sensible aux polémiques.
Aujourd’hui, des dizaines de pages anonymes se sont spécialisées dans la diffamation et l’atteinte à la réputation d’autrui, sans mesurer les conséquences humaines, sociales et professionnelles de leurs actes. Comme une traînée de poudre, les rumeurs et fausses nouvelles se propagent rapidement, ternissant l’image des institutions, décourageant les bonnes volontés et brisant parfois l’élan de ceux qui travaillent honnêtement pour le pays.
Même lorsque certaines informations s’avèrent exactes, tout ne mérite pas nécessairement d’être exposé sur la place publique. Car derrière chaque personne attaquée se trouvent des parents, des enfants, des amis et des proches qui subissent eux aussi l’humiliation et les répercussions sociales. Face à ces attaques, les réactions diffèrent. Certains choisissent le silence, d’autres privilégient la médiation, tandis que la plupart répondent directement pour défendre leur honneur.
Dans toute société, la divergence d’opinions est naturelle. Personne ne peut prétendre détenir seul la vérité absolue. C’est pourquoi il est essentiel d’apprendre à écouter les autres, à accepter la diversité des points de vue et à débattre sans jeter l’anathème sur ceux qui pensent différemment.
Faire preuve de sagesse et de responsabilité reste le meilleur choix. Car dans la vie, le bien comme le mal posé envers autrui finit toujours par produire ses conséquences, souvent au moment où l’on s’y attend le moins. Les filles et fils du Tchad ne doivent pas sacrifier leur honneur et leur dignité sur l’autel des intérêts égoïstes, des règlements de comptes ou de la recherche du buzz.
Au lieu de détruire, il est temps d’encourager les initiatives positives, de valoriser les compétences et de soutenir les efforts susceptibles de faire avancer le pays. C’est ainsi que naîtront de nouveaux modèles et que pourra se construire un Tchad plus uni, plus responsable et résolument tourné vers l’émergence.
La Rédaction












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