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Tchad

Festivals culturels : Quand l’influence politique représente un danger

Ces derniers temps, des rencontres festivals communautaires deviennent fréquents dans la capitale, suscitant des interrogations quant à leur répercussion sur l’unité nationale. Chaque communauté tchadienne ou presque toutes ont leurs festivals. Question : assistons-nous une implantation progressive du repli identitaire, dangereuse pour la cohésion nationale ou à une véritable volonté de promouvoir les richesses culturelles des terroirs ?

Peu importe le nom que l’on donne à ses manifestations, les mobiles sont les mêmes. La promotion, la préservation des cultures, le renforcement des liens sociaux, le développement local sont souvent évoquées comme principales raisons. Après le Gourouna, devenu célèbre par son caractère international, plusieurs autres communautés se sont engagées dans l’aventure. Rien qu’en 2026, les mongo, les Ngam, les marba, les Sara-Kaba ont eu droit à un événement. D’autres se préparent certainement à leur emboiter le pas les mois à venir.

En soit, les objectifs sont nobles. Les thématiques bien évocatrices et pompeuses sont développées pendant ces retrouvailles. Développement, les défis sociaux, la cohabitation ou la paix sont toujours mises en valeur. Mais, à la première observation, ces festivals se tiennent dans la capitale pour la plupart. Une sorte d’effet de mode qui inquiète plus d’un Tchadien. Ces assises auraient un impact attendu si elles s’organisaient dans les villages, à tour de rôle, des zones concernées. C’est en ce moment que les questions liées aux thématiques seront débattus avec celles et ceux qui vivent les réalités au quotidien afin d’ébaucher des pistes de solutions durables.

Le danger du repli identitaire

Dans un regard méticuleux, le mal n’est pas loin. Ces rencontres sont dans la dynamique d’affirmation et de propagande de la culture de chaque communauté. Lorsque les hommes se retrouvent en ethnies sinon communautés, il est nécessaire de mettre des garde-fous suffisants au risque de laisser émerger des comportements susceptibles de mettre en danger l’unité nationale. Car, ces festivals peuvent être des actes politiques et militants, au regard de la rivalité qui pourrait se nourrir entre les filles et les fils d’une même communauté. Ce sont des débordements qu’il faut éviter. Ainsi, faudrait-il, les encadrer strictement afin d’éviter le pire. L’influence des politiques est la pire forme du risque dans ce cas d’’espèce.

Le Tchad a un passif en matière du communautarisme avec des conséquences douloureuses. Aujourd’hui, il est engagé dans un processus de vaste réconciliation nationale avec un devoir de mémoire et ne devrait pas se laisser distraire avec des actes isolés susceptibles de saper les efforts qui sont en train d’être consentis par les uns et les autres. Si de telles rencontres sont initiées, elles doivent être motivées par un esprit républicain et patriotique. Les discours qui encouragent la violence, la haine et le refus de l’autre doivent y être interdits. C’est en cela seulement qu’elles auront leurs sens.

Blaise Mbaïadoumbeye

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