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Général Mbaïomdenande Dionadji Alain : De la discipline à l’excellence

De l’École des Enfants de Troupe du Mans, en France, aux plus hautes fonctions des forces armées tchadiennes, le parcours du Général Mbaiomdenande Dionadji Alain illustre le rôle déterminant des Écoles des Enfants de Troupe dans la formation académique, humaine et militaire de la jeunesse. Ancien élève de cette prestigieuse institution, il est devenu successivement officier pilote, Chef d’État-Major de l’Armée de l’Air (CEMAA), puis Chef d’État-Major Général des Armées (CEMGA). Il revient sur les origines de sa vocation, les valeurs acquises durant sa formation et les enseignements qui ont façonné sa carrière.

Pour le Général Mbaiomdenande Dionadji Alain, le désir d’intégrer une École des Enfants de Troupe remonte à son enfance. Durant les vacances scolaires, il admirait les jeunes élèves tchadiens qui revenaient de leurs études à l’étranger, vêtus de leurs uniformes impeccables et reconnus pour leur discipline. « Leur allure, leur discipline et le respect qu’ils inspiraient suscitaient naturellement l’admiration de toute la population », se souvient-il.

Issu d’une famille paysanne aux moyens modestes, il voyait dans ces écoles une opportunité d’accéder à un enseignement de qualité tout en découvrant d’autres horizons. Il se présente alors au concours d’entrée à l’École des Enfants de Troupe du Mans, en France, où il est admis aux côtés d’un autre élève tchadien. Au sein de l’établissement, il côtoie des élèves français ainsi que de nombreux jeunes venus de plusieurs pays africains, notamment du Burkina Faso et du Togo. Cette expérience multiculturelle contribuera profondément à sa formation intellectuelle, humaine et militaire.

Selon le Général, les Écoles des Enfants de Troupe sont avant tout des établissements d’enseignement secondaire accueillant des élèves de la sixième à la terminale. Certaines dispensent un enseignement général, tandis que d’autres sont orientées vers les filières techniques et professionnelles. Au-delà des enseignements académiques, la vie en internat repose sur des principes exigeants : discipline, ponctualité, respect des règles, sens de responsabilités et vie en communauté rythment le quotidien des élèves. Le sport y occupe également une place essentielle. Football, basketball, volleyball et autres disciplines permettent de développer la condition physique, le goût de l’effort, l’esprit d’équipe et le dépassement de soi. À cette formation s’ajoute une initiation aux valeurs militaires : ordre serré, techniques de défilé, salut militaire et respect de la hiérarchie. « Ces établissements ne se limitent pas à la transmission des connaissances académiques ; ils constituent également de véritables écoles de la vie », affirme-t-il.

Évoquant les pratiques parfois perçues comme des brimades envers les nouveaux élèves, l’ancien Enfant de Troupe préfère parler « d’épreuves d’intégration ». Selon lui, ces exercices visent avant tout à faciliter l’adaptation des nouveaux pensionnaires aux exigences de la vie en internat et à renforcer leur résilience. Ils favorisent également la cohésion, la solidarité et le sens du collectif. Les difficultés traversées ensemble créent des liens particulièrement forts. « Les liens qui se tissent, dès le plus jeune âge, dans les écoles des Enfants de Troupe comptent parmi les plus solides et les plus durables », témoigne-t-il.

Une formation qui ouvre de nombreuses perspectives

À l’issue du cycle secondaire, les élèves sont orientés en fonction de leurs résultats, de leurs aptitudes et des besoins des forces armées. Les titulaires des séries scientifiques peuvent intégrer des formations spécialisées dans des domaines aussi variés que la médecine, l’ingénierie, l’architecture ou l’aviation. D’autres poursuivent des études supérieures civiles, tandis que certains choisissent d’intégrer les écoles d’officiers.

Titulaire d’un baccalauréat série E, il poursuivait ses études en France lorsque l’état-major de l’armée tchadienne lança un recrutement de futurs officiers pilotes afin de renforcer les effectifs de l’Armée de l’Air. Proposé par le biais de la coopération française pour se présenter au concours d’entrée à l’École de l’Air de Salon-de-Provence, il saisit cette opportunité qui marque le véritable point de départ d’une brillante carrière militaire.

Le Général Mbaiomdenande Dionadji Alain garde de sa carrière des souvenirs mêlant épreuves et fierté. Il évoque notamment la guerre du Nord contre la Libye, alors qu’il était encore jeune pilote opérationnel. Les missions aériennes s’enchaînaient dans des conditions particulièrement difficiles, au rythme des opérations ennemies. Il se souvient notamment du bombardement de la piste d’atterrissage de N’Djamena par un avion de chasse libyen alors que son unité se trouvait à Zouar. À leur retour dans la capitale, leurs familles, convaincues de leur disparition, les accueillirent avec une vive émotion.

Le Général revient également sur les événements de N’Djaména en 2006 et 2008. À cette époque, il occupait les fonctions de commandant adjoint chargé des opérations aériennes et devait coordonner les interventions dans un contexte de crise particulièrement sensible. « Il fallait avoir vécu ces moments pour comprendre le poids des décisions prises dans l’urgence», confie-t-il.

Mais sa carrière est aussi jalonnée de satisfactions.

En tant que pilote de transport, il a parcouru l’ensemble du territoire national, desservant les chefs-lieux des 23 provinces ainsi que de nombreux départements. Cette expérience lui a permis de mieux connaître les réalités du Tchad et les populations qu’il servait. Il accédera ensuite aux fonctions de Chef d’État-Major de l’Armée de l’Air, avant d’être nommé Chef d’État-Major Général des Armées. Une ascension qu’il considère non comme une consécration personnelle, mais comme « une marque de confiance de la Nation et une responsabilité au service du peuple tchadien ».

Pour le Général, l’un des principaux atouts des Écoles des Enfants de Troupe réside dans la diversité des débouchés qu’elles offrent. L’armée moderne, rappelle-t-il, ne se limite pas aux métiers des armes. Elle rassemble également des médecins, ingénieurs, architectes, juristes, spécialistes des télécommunications, logisticiens, experts du renseignement et bien d’autres compétences. Son propre parcours en témoigne, tout comme celui de ses enfants. Deux de ses fils sont eux aussi d’anciens Enfants de Troupe : l’un est devenu architecte spécialisé dans la construction durable, tandis que l’autre exerce comme médecin au sein de l’hôpital d’instruction militaire. Fort de cette expérience, il encourage les jeunes désireux d’intégrer ces établissements à faire preuve de courage, de persévérance et de discipline. « La vie dans une école des Enfants de Troupe n’est pas un chemin de facilité ; elle exige de la rigueur, du travail et un sens élevé de discipline », insiste-t-il.

Aux parents, il recommande d’accompagner les enfants qui possèdent un bon niveau scolaire et une réelle motivation à se présenter à ce concours d’entrée. À ses yeux, les Écoles des Enfants de Troupe demeurent une véritable pépinière d’excellence, capable de former aussi bien des militaires que des cadres civils, tout en transmettant des valeurs fondamentales : discipline, mérite, solidarité, patriotisme et sens du service de la Nation.

Man-Ya Allah Gisèle

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