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Santé Tchad

Hôpital provincial de Bol : L’UNICEF, un partenaire indispensable

Au cœur de la province du Lac, marquée par l’insécurité et les déplacements massifs de populations, l’hôpital provincial de Bol fonctionne dans un équilibre fragile. Malgré le manque de personnel qualifié, l’insuffisance d’équipements et l’afflux de patients vulnérables, l’établissement tient grâce à l’engagement de ses équipes et au soutien de ses partenaires au premier rang desquels l’UNICEF.

D’après le directeur de l’hôpital provincial de Bol, Souba Adang Barnabas, sa structure s’adosse sur l’appui des partenaires. « Nous fonctionnons essentiellement avec des médecins généralistes», exprimant l’absence des spécialistes en gynécologie, en pédiatrie et en anesthésie. Un état des choses qui limite la qualité de certaines prises en charge. À la maternité, une seule sage-femme assure les services, épaulée par des stagiaires, raconte-t-il.

Malgré ces contraintes, l’hôpital enregistre en moyenne une quarantaine de naissances par mois. « Ce chiffre varie mais nous faisons de notre mieux pour garantir un suivi correct des femmes enceintes », explique-t-il.

Dans ce contexte, l’UNICEF reste un acteur clé. Il apporte un appui à la fois en ressources humaines et en intrants essentiels. « L’UNICEF nous soutient en personnel et en produits nutritionnels respectivement le lait thérapeutique », souligne le directeur. Ce soutien a permis, ces dernières années, de renforcer significativement la prise en charge relative à la malnutrition aiguë. Lorsque les intrants étaient disponibles, jusqu’à 60 à 70 enfants pouvaient être traités simultanément. L’organisation contribue également à la lutte contre la mortalité maternelle et infantile en appuyant les services de maternité et les campagnes de vaccination.

En plus de l’hôpital, l’UNICEF joue un rôle important dans la province du Lac en soutenant les stratégies de santé communautaire, la sensibilisation et l’accès aux soins pour les populations déplacées.

Malnutrition et VIH planent 

Malgré ces avancées, les défis sanitaires restent majeurs. La malnutrition demeure une urgence sanitaire. La situation est aggravée par la rupture récente des laits thérapeutiques essentiels dans le traitement des cas sévères. Une pénurie qui freine la fréquentation des services : « Les familles hésitent à venir lorsqu’elles savent que les produits ne sont pas disponibles », explique le directeur.

L’autre source d’inquiétude est le VIH, avec un taux de prévalence dépassant les 7 %. Ce qui fait de la province du Lac l’une des zones les plus touchées du pays, juste après N’Djaména. Les personnes les plus exposées ont entre 29 et 45 ans. Mais les enfants restent les plus vulnérables via la transmission mère-enfant. L’hôpital assure le dépistage et la mise sous traitement antirétroviral avec une prise en charge précoce des nouveau-nés exposés.

Au-delà des pathologies, le fonctionnement même de l’hôpital est entravé par des contraintes structurelles. Le manque de financement l’oblige à consacrer une grande partie de ses recettes au paiement du personnel contractuel faute de fonctionnaires en nombre suffisant.

L’accès à l’énergie est un autre défi majeur. Les coupures intempestives engageant des dépenses supplémentaires avec le recours aux groupes électrogènes. À cela s’ajoute le manque d’ambulances, compliquant les évacuations d’urgence. Faute d’une banque de sang fonctionnelle, les dons de sang reposent essentiellement sur les accompagnants des patients. Les réticences socioculturelles persistent, entraînant parfois des drames lors des hémorragies chez les femmes.

En matière de vaccination, des résistances subsistent dans certaines communautés. Toutefois, les efforts de sensibilisation menés avec les leaders locaux et religieux commencent à porter leurs fruits.

Des attentes fortes vis-à-vis des partenaires

Face à toutes ces réalités, les attentes sont nombreuses. Le directeur plaide pour un renforcement de l’appui en ressources humaines qualifiées, en équipements médicaux et en logistique. Il insiste également sur la nécessité d’assurer une disponibilité continue des intrants nutritionnels. L’UNICEF, déjà pleinement engagé, est appelé à poursuivre et intensifier son accompagnement, notamment dans la lutte contre la malnutrition, l’amélioration de la santé maternelle et infantile, ainsi que l’accès aux soins pour les populations les plus isolées.

Man-Ya Allah Gisèle 

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