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Journée mondiale des réfugiés : Un plaidoyer pour une protection renforcée

A l’instar des autres pays du monde, le Tchad  a célébré ce samedi 20 juin 2026, la Journée mondiale des réfugiés sous le thème « jusqu’à ce que tout le monde soit protégé ». Pays d’accueil de près de 1,4 million de réfugiés, principalement originaires du Soudan, de la République centrafricaine et du Nigeria, le pays a saisi cette occasion pour renouveler son engagement en faveur de la protection et de l’inclusion des personnes déplacées de force.

Prenant la parole au nom des réfugiés, Tony Passy Yabada secrétaire général du Comité central des réfugiés urbain a salué la solidarité du peuple tchadien et des autorités. « Le Tchad n’est pas seulement une terre d’asile, c’est aussi un symbole d’humanité et de fraternité », a-t-il déclaré, avant de remercier le Gouvernement, le HCR,  la Commission d’accueil de réinsertion des réfugiés (CNARR), les agences des Nations Unies, les ONG et les bailleurs de fonds pour leur accompagnement.

Saluant l’adoption de la loi sur l’asile qu’il considère comme une avancée majeure pour les droits des réfugiés, il a toutefois rappelé que « les besoins restent immenses ». Il a appelé à « un engagement renouvelé et renforcé, car la solidarité internationale doit être à la hauteur des défis actuels ». Le porte-parole des réfugiés a également insisté sur leur volonté de participer au développement des communautés d’accueil. « Nous ne sommes pas seulement des bénéficiaires d’aide. Nous sommes des acteurs de changement, des hommes et des femmes porteurs de talents, de résilience et d’espoir », a-t-il affirmé, plaidant pour davantage d’inclusion, d’accès aux droits fondamentaux et d’opportunités d’autonomisation.

Intervenant au nom de la Commission nationale d’accueil et de réinsertion des réfugiés, Nassaryam Richard, responsable de la protection légale a rappelé que le Tchad fait face à des flux importants de populations déplacées dans l’Est et dans la région du Lac Tchad. Il a mis en avant les réformes engagées depuis l’adoption de la loi sur l’asile et de la loi relative aux personnes déplacées internes afin de renforcer les mécanismes de protection, d’enregistrement et de coordination. « Notre objectif est clair : placer l’intégration durable des personnes déplacées au cœur de nos politiques », a-t-il déclaré précisant que cette intégration passe par l’accès à l’éducation, à la formation professionnelle, à l’emploi et à l’enseignement supérieur.

Nassaryam Richard a par ailleurs invité toutes les organisations intervenant sur les sites de réfugiés à formaliser leurs partenariats avec l’institution. « Ces partenariats ne sont pas une contrainte administrative ; ils sont nécessaires pour garantir des interventions plus efficaces, plus responsables et plus durables », a-t-il expliqué avant de réaffirmer l’engagement de la CNARR à écouter les réfugiés et à rechercher avec eux des solutions durables.

Le représentant adjoint du HCR Antony Akumu Abogi a, pour sa part, rendu hommage aux autorités tchadiennes, aux communautés hôtes et aux partenaires humanitaires pour leur mobilisation face aux crises successives. « J’ai vu des familles contraintes de fuir la guerre et les violences, mais aussi des communautés qui ont partagé leurs terres, leurs écoles et leurs centres de santé avec des personnes ayant tout perdu », a-t-il témoigné.

Rappelant que le Tchad accueille des réfugiés de 17 nationalités, il a souligné que la protection ne consiste pas seulement à mettre les personnes à l’abri du danger. « Être protégé, c’est aussi pouvoir aller à l’école, accéder aux soins, gagner sa vie dignement et envisager l’avenir avec espoir », a-t-il déclaré.

Ouvrant officiellement la cérémonie, la maire de la commune du 6ᵉ arrondissement Zenaba Édith a souligné que le Tchad demeure une terre d’hospitalité et de solidarité. Elle a salué les efforts de coexistence pacifique entre réfugiés et communautés hôtes malgré les défis auxquels font face les services sociaux.

Man-Ya Allah Gisèle

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