Accueil » L’an 2 du mandat du chef de l’Etat : Le processus de la modernisation de l’administration en marche
Politique Tchad

L’an 2 du mandat du chef de l’Etat : Le processus de la modernisation de l’administration en marche

Screenshot

Le 23 mai 2026 marquera l’an 2 du mandat du président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno. Après un premier chantier consacré à la paix et à la réconciliation nationale, le deuxième axe du Cadre opérationnel du Programme politique présidentiel se concentre sur la refondation de l’État et la modernisation de l’administration publique. Ce chantier englobe plusieurs domaines stratégiques, notamment la justice, la gouvernance, la lutte contre la corruption, le bilinguisme, la digitalisation des services publics ainsi que la réforme administrative.

Depuis la mise en œuvre du programme, l’appareil étatique connaît une transformation progressive touchant aussi bien l’administration centrale que les juridictions, les collectivités autonomes et les mécanismes de contrôle de l’action publique. Au cours de cette deuxième année du mandat du chef de l’Etat, plusieurs réformes structurantes ont été engagées afin de renforcer l’autorité de l’État et de promouvoir les valeurs républicaines.

La digitalisation des textes officiels a notamment été amorcée avec la mise en ligne progressive du Journal officiel de la République, facilitant ainsi l’accès des citoyens aux documents juridiques et administratifs. Parallèlement, des opérations de récupération des réserves foncières spoliées ont été lancées, tandis que l’inventaire du patrimoine de l’État a été actualisé dans plusieurs provinces.

La promotion de la citoyenneté a également été placée au centre de l’action publique. L’enseignement de l’instruction civique a été renforcé et la pratique de la levée des couleurs s’est progressivement étendue aux administrations, établissements scolaires et certaines structures privées.

Fonction publique et valorisation des compétences

Dans la Fonction publique, plusieurs mécanismes de gestion des carrières et de valorisation des compétences ont été renforcés. Un Observatoire de suivi du capital humain de l’État est désormais opérationnel afin d’assurer un meilleur encadrement des ressources humaines et une cartographie plus précise des compétences administratives. L’application de la loi sur le quota des femmes progresse également dans plusieurs institutions publiques, traduisant une évolution progressive de la représentativité féminine dans les sphères administratives et décisionnelles.

Le bilinguisme s’impose progressivement comme l’un des piliers de la modernisation administrative. Une stratégie nationale a été mise en place pour promouvoir l’usage des deux langues officielles dans les services publics et dans le système éducatif. Des agents bilingues ont été formés puis déployés dans plusieurs administrations. Une base de données des compétences linguistiques a été constituée et un pool national de traducteurs est en cours de structuration. Dans cette dynamique, l’élaboration d’un lexique administratif bilingue se poursuit parallèlement à la création d’un centre spécialisé dans la formation aux langues officielles.

Justice, transparence et gouvernance au cœur des réformes

Le secteur judiciaire connaît également plusieurs transformations importantes. Des infrastructures judiciaires ont été réhabilitées ou construites, notamment le Palais de justice de N’Djaména ainsi que plusieurs juridictions et maisons d’arrêt. Le maillage territorial de la justice s’est élargi avec la mise en service de nouvelles Cours d’appel à Bongor, Amdjarass, Moussoro et Faya-Largeau, rapprochant davantage les services judiciaires des populations.

Les capacités des magistrats, greffiers et agents de police judiciaire ont été renforcées grâce à des sessions de formation et à l’amélioration progressive des conditions de travail. La justice s’oriente également vers la digitalisation du traitement des plaintes, des procédures et du suivi des dossiers afin de réduire les lenteurs administratives et de rendre les services plus accessibles.

La lutte contre la corruption s’est intensifiée avec le renforcement des capacités de l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption. Les mécanismes de contrôle des marchés publics ont été consolidés et une cellule autonome de vérification des prix a été mise en place pour renforcer la transparence dans l’exécution des dépenses publiques. Des campagnes de sensibilisation sur la justice, la transparence et les valeurs républicaines ont également été diffusées à travers les médias.

Digitalisation et modernisation des services publics

Dans le domaine de la gouvernance territoriale, un processus de professionnalisation de l’administration locale est en cours. La création d’un corps spécialisé de fonctionnaires territoriaux progresse, tandis que l’évaluation des agents de commandement devient plus systématique. Les conditions de travail des préfets et sous-préfets se sont améliorées grâce à la construction de bureaux administratifs et à la dotation en moyens logistiques. La modernisation de l’État repose également sur la digitalisation croissante des services publics. Les archives administratives sont progressivement numérisées, plusieurs procédures sont dématérialisées et le projet d’e-gouvernement poursuit son déploiement.

Cette transformation vise à rendre les services publics plus rapides, plus accessibles et mieux adaptés aux besoins des citoyens. Dans cette dynamique, une réforme salariale progressive est également engagée afin d’améliorer les conditions de rémunération des agents publics et de renforcer leur motivation.

Enfin, le chantier 2 du Cadre opérationnel du Programme politique présidentiel prévoit aussi le renforcement des capacités du Conseil économique, social, culturel et environnemental à travers l’ouverture de ses travaux au public, la formation de ses conseillers et l’opérationnalisation de son siège.

Sikngaye Tamaltan Inès

À propos de l'auteur

batran batran

Ajouter un commentaire

Cliquez ici pour poster un commentaire