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Economie

Marché à mil : Le silence pesant de la colère des commerçants

Le marché à mil de N’Djaména a plongé ce lundi 01er juin dans un silence inhabituel. Rideaux de fer baissés et commerçants en grève, le cœur économique de la capitale tchadienne est paralysé par une fronde fiscale.

Devant les boutiques closes, l’image frappe le visiteur. Les commerçants sont couchés sur des nattes, à même le sol, à l’ombre de leurs auvents. Ils peinent à digérer L’arrêté n° 102/CVNDJ/DC/2026 fixant des nouvelles taxes. Le droit de place mensuel passe de 2 500 à 5 000 FCFA par mètre carré pour les hangars et les boutiques. À cela s’ajoute une taxe journalière et des taxes inédites sur bétail. ​Tidjani Ahmed Mohamed est commerçant « Nous faisons face à ce problème depuis plus d’un mois. La municipalité a augmenté les taxes d’occupation. Cette hausse ne correspond pas à nos vies. Avant, nous payions environ 35 000 FCFA par mois. Aujourd’hui, cela dépasse 80 000 FCFA. C’est trop élevé. Nous faisons grève pour que notre voix monte aux autorités. La plupart de ces boutiques sont louées. Les charges deviennent impossibles à porter. »

​El Hadj Khalil Cheltout, vendeur au sein de ce marché, exprime son écœurement : « Nous avons fermé à cause de cette hausse subite. Notre redevance est passée de 33 600 à 70 000 FCFA. Nos boutiques font quatre mètres sur quatre. Pourtant, la mairie nous facture sept mètres ! Ils comptent même les espaces vides devant les portes. C’est injuste. Un commerçant paie déjà son loyer, ses taxes, et doit nourrir sa famille. »

​Les citoyens venus s’approvisionner repartent, inquiets pour les prix des jours à venir. La survie quotidienne est en jeu pour tout le monde.

​Monsieur Djibrine Mahamat Moussa Abderrahmane, croisé entre deux hangars déserts, refuse de baisser les bras : « Le montant a pratiquement doublé. Nous n’avons pas les moyens de supporter tout cela. Nous sommes des citoyens qui luttons pour gagner notre pain quotidien. Regardez autour de vous, tout est fermé. J’appelle le Président de la République à intervenir pour nous sauver. Nous n’avions pas d’autre choix que de fermer. »

​La grève continue. Les commerçants de N’Djaména demandent une révision immédiate de ces tarifs municipaux. Cette situation risque de plonger l’économie locale un peu plus dans l’incertitude.

Streve Dinguemtog (stagiaire)

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