Le pied d’athlète est une maladie dermatologique contagieuse encore mal connue de nombreuses personnes. Elle se manifeste par des démangeaisons, des rougeurs, des sensations de brûlure, des macérations, des fissures ou encore des cloques, localisées sur la plante des pieds ou entre les orteils. Sans prise en charge rapide et adaptée, cette infection fongique peut entraîner des complications parfois graves.
Dans les zones au climat chaud et humide, comme à N’Djaména, la prolifération des champignons est favorisée, rendant la population plus vulnérable à cette affection. Pour y faire face, certaines personnes ont recours à des traitements traditionnels, tels que l’application de poudres de plantes médicinales ou des bains à base de feuilles, notamment de gommier ou d’oseille.
Victime de la maladie, Mariam Abdelaziz, déclare que le pied d’athlète est souvent lié à l’humidité. « J’ai contracté cette infection en pleine saison des pluies et j’en ai souffert durant toute cette période. J’ai essayé plusieurs remèdes locaux recommandés par mon entourage, mais aucun ne m’a réellement guérie », confie-t-elle. Elle souligne que le soulagement reste souvent temporaire, « la poudre de gommier rouge m’a soulagée pendant quelques jours, mais les démangeaisons sont revenues. Cela perturbe mon sommeil, provoque des blessures et m’empêche de marcher normalement».
Douna Mahamat, un autre malade du pied d’athlète, a, quant à lui, failli perdre un orteil à cause de cette infection. « Tout a commencé par des démangeaisons et de petites fissures sur la plante du pied et entre les orteils. La peau s’est progressivement décollée, laissant apparaître une plaie avec une odeur nauséabonde », raconte-t-il. Face à l’aggravation de son état et à l’inefficacité des traitements utilisés, « heureusement, je suis arrivé à l’hôpital à temps, selon le médecin », précise-t-il.
Des mesures de prévention et de traitement essentielles
Selon le capitaine Adrien Beure, médecin généraliste à l’Hôpital d’Instruction des Armées, le pied d’athlète est une infection fongique touchant principalement les espaces entre les orteils et la plante des pieds. Elle est plus fréquente chez les sportifs en raison de la transpiration excessive et du port prolongé de chaussures fermées. La maladie se manifeste par des démangeaisons, des rougeurs, des lésions vésiculeuses ou squameuses, une desquamation de la peau, des fissures entre les orteils et parfois des odeurs désagréables. « Les champignons sont la cause principale. Le pied d’athlète est favorisé par l’humidité, la transpiration excessive, l’immunodépression ou encore le diabète. La contamination peut se faire par contact direct ou indirect, notamment dans des environnements humides comme les douches collectives ou les piscines, ou encore par le partage de serviettes et de chaussures », explique-t-il.
Le traitement repose principalement sur l’utilisation d’antifongiques locaux, associés à des mesures d’hygiène strictes visant à limiter l’humidité. Le médecin recommande notamment de garder les pieds propres et secs, porter des chaussures aérées, utiliser des sandales dans les lieux publics, changer de chaussettes quotidiennement, éviter de partager serviettes et chaussures, alterner les chaussures pour leur permettre de sécher.
Des risques de complications à ne pas négliger
Le médecin met en garde contre les complications possibles, en particulier chez les personnes atteintes de diabète. Une infection mal traitée peut évoluer vers une surinfection bactérienne avec écoulement purulent, s’étendre à la plante du pied, aux ongles (onychomycose) ou même aux mains (syndrome main-pied). « Chez les personnes diabétiques, un simple pied d’athlète peut devenir une porte d’entrée vers des complications graves telles que les ulcères, la nécrose, la gangrène ou l’ostéite, pouvant aller jusqu’à l’amputation », alerte-t-il.
Enfin, il appelle à la prudence face aux traitements traditionnels. « Ils peuvent apporter un soulagement dans les formes légères, mais deviennent dangereux en cas de fissures profondes, de surinfection ou chez les patients à risque. Le traitement de référence reste médical, à base d’antifongiques. Un retard de prise en charge favorise les complications ».
Naïma Ahmed Beïn












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