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Tchad

Prévention des conflits  : Le Tchad engagé dans la construction d’une structure de paix

La Médiature de la République, en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix (PBF), a organisé ce vendredi 26 juin 2026 au ministère des Affaires étrangères, une conférence-débat consacrée aux enjeux de l’opérationnalisation et de l’institutionnalisation d’une infrastructure de paix au Tchad. Cette rencontre marque la clôture de la Semaine des Nations unies pour la consolidation de la paix, ouverte le 22 juin 2026.

Les conflits liés au foncier figurent parmi les principales sources de tensions au Tchad. Un constat issu du Dialogue national inclusif et souverain qui, selon les intervenants, met en évidence la nécessité de doter le pays de mécanismes permanents capables d’anticiper les crises avant qu’elles ne dégénèrent.

Intervenant sur le rôle de l’infrastructure de paix dans la pérennisation de la paix, le coordonnateur résidant du système des Nations unies au Tchad, François Batalingaya, a indiqué qu’une infrastructure de paix ne se limite pas à la création de nouvelles institutions. Elle repose sur un ensemble de mécanismes, de pratiques et d’acteurs appelés à travailler de manière coordonnée pour prévenir les conflits, gérer les tensions et renforcer la cohésion sociale. Selon lui, cette architecture doit être portée à la fois par les institutions publiques, les autorités traditionnelles et religieuses, les organisations de la société civile, les femmes, les jeunes et les communautés locales. « Sa force repose avant tout sur la confiance que les citoyens lui accordent », a-t-il insisté, estimant que cette confiance se construit par l’inclusion, la transparence et des résultats concrets.

Le responsable onusien a également rappelé que la prévention demeure le meilleur investissement. « Investir dans la prévention coûte toujours moins cher que gérer les conséquences d’un conflit ou financer la reconstruction post-crise », a-t-il déclaré. Une infrastructure de paix efficace, a-t-il ajouté, permettrait non seulement de rapprocher les populations des institutions, mais aussi d’améliorer la coordination entre l’État, la société civile et les partenaires.

Des mécanismes de proximité à renforcer

Dans sa communication axée sur les cadres institutionnels nécessaires à la mise en œuvre de l’architecture de paix, le secrétaire général de la Médiature de la République, Ahidjo Abraham, a souligné que le Tchad dispose déjà d’une institution dont la mission est précisément de prévenir les tensions, de rétablir le dialogue entre les citoyens et l’administration et de renforcer la confiance. D’après lui, la Médiature joue un rôle qui dépasse le règlement des différends administratifs. Chaque médiation réussie contribue aussi à prévenir les conflits et à consolider la cohésion sociale. Pour que cette future infrastructure produise pleinement ses effets, deux défis majeurs restent toutefois à relever. Le premier concerne son ancrage territorial. Les conflits prennent rarement naissance dans les administrations centrales, mais émergent le plus souvent dans les villages, les cantons, les communes et les provinces. Le second défi est celui des moyens. Sans ressources humaines qualifiées, financement durable, équipements adaptés et capacités d’intervention, les dispositifs d’alerte précoce risquent de rester théoriques. « La paix durable ne se décrète pas. Elle se construit progressivement par la confiance, par l’écoute, par l’équité et par la justice », a rappelé Ahidjo Abraham.

La représentante de la société civile, la députée Ngaralbaye Mayala Monique, a pour sa part, plaidé pour une implication institutionnalisée des organisations citoyennes dans cette future architecture. Selon elle, ces organisations jouent déjà un rôle essentiel dans la médiation communautaire, l’alerte précoce, la sensibilisation et le plaidoyer en faveur des populations. « Il faut donner une voix à la société civile », a-t-elle affirmé, estimant qu’elle permet de mieux prendre en compte les préoccupations des femmes, des jeunes et des groupes marginalisés. À ses yeux, une infrastructure de paix inclusive, soutenue par un partenariat solide entre l’État, les communautés et les partenaires techniques et financiers, constitue un investissement indispensable pour la stabilité et le développement du pays.

Les échanges ont également porté sur les nouveaux facteurs de tensions, notamment la désinformation. Intervenant depuis la salle, le ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, Gassim Chérif Mahamat a mis en garde contre le rôle amplificateur des réseaux sociaux dans les conflits intercommunautaires. Selon lui, des différends locaux peuvent rapidement prendre une dimension nationale sous l’effet de la diffusion de fausses informations et des discours de haine. À cet effet, il a annoncé que le gouvernement travaille, avec l’appui des Nations unies et d’autres partenaires, à la mise en place d’une cellule de veille chargée de diffuser des informations vérifiées et de contribuer à l’apaisement des tensions.

Sikngaye Tamaltan Inès

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