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Réfugiés soudanais au Tchad : Un quotidien mêlé d’espoir et de défis

Le 15 avril 2023 marque le début de l’afflux des réfugiés soudanais sur le territoire tchadien, fuyant les violences liées au conflit au Soudan. Trois ans après, leur présence s’inscrit dans la durée, entre espoir de stabilité et défis quotidiens.

Assis à l’ombre d’un abri devant le siège du HCR, dans le 6ᵉ arrondissement, Moudassir Mohamed Ali, père d’une fille et des sœurs en charge originaire du Darfour du Sud raconte ses débuts au Tchad. « Je suis arrivé à N’Djaména en mai 2025, après un parcours très difficile. Je suis passé par Wadi Koum, puis Adré et Abéché avant d’arriver ici », retrace-t-il. Diplômé en sociologie de l’université Al-Neelain, il vit aujourd’hui dans la ville de Ligna où il travaille comme superviseur dans une ferme. Un travail trouvé sur le coup du hasard « J’ai rencontré mon employeur par hasard au marché. Il m’a fait confiance. Aujourd’hui, je me suis adapté et j’entretiens de bonnes relations avec les habitants ».

Mais derrière cette intégration progressive se cache un parcours semé d’épreuves. « J’ai laissé ma famille à Nyala, en pleine guerre. À Wadi Koum, j’ai été victime de vol. J’ai perdu tous mes documents ». Malgré tout, Moudassir Mohamed Ali, exprime sa reconnaissance envers le Tchad, « Le peuple tchadien est accueillant. Grâce à ce pays, je peux travailler et aider ma famille. J’espère pouvoir les faire venir si la situation ne s’améliore pas ».

Comme lui, de nombreux réfugiés saluent l’hospitalité tchadienne, tout en évoquant les difficultés persistantes. Abir Ahmed, une jeune femme, ayant fui Khartoum, raconte « Nous avons vécu beaucoup de tragédies. J’ai quitté le Soudan avec mon neveu pour trouver un endroit sûr. Le Tchad a été ce refuge ». Elle souligne toutefois les limites de l’aide humanitaire. Pour la réfugiée, le HCR n’apporte suffisamment d’aide. « Chacun est préoccupé par sa survie. Les échanges entre les réfugiés sont limités. J’ai appris le dialecte tchadien et je découvre la culture locale. J’aime beaucoup la sauce Karkandji ».

Elle conclut par un message mêlant gratitude et appel à l’aide. « Nous remercions le gouvernement tchadien pour son accueil. Mais nous demandons aux organisations humanitaires de mieux répondre à nos besoins ».

Au fil des années, certains réfugiés parviennent à reconstruire une vie à travers de petites activités génératrices de revenus. D’autres, en revanche, vivent toujours dans une grande précarité, dépendant largement d’une aide humanitaire souvent insuffisante. Les autorités tchadiennes et leurs partenaires poursuivent les efforts pour améliorer les conditions de vie. Toutefois, face à l’ampleur des besoins, les défis restent immenses.

Trois ans après leur arrivée, ces réfugiés continuent de faire preuve d’une grande résilience. Entre nostalgie de leur terre natale et volonté d’intégration, leur quotidien reste suspendu à un espoir qui est le retour de la paix au Soudan.

Zara Sakawa Abba-Meï

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