Un groupe sanguin est une classification du sang basée sur la présence ou l’absence de substances (antigènes) à la surface des globules rouges, fonctionnant comme une carte d’identité biologique héritée des parents. Au moment où les accidents de la route, les urgences médicales et les complications obstétricales restent fréquents, les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme sur l’importance de connaitre son groupe sanguin.
Dans les structures sanitaires, l’on observe que de nombreux patients arrivent encore en situation d’urgence sans connaître leur groupe sanguin au préalable. Une réalité qui engendre des complications relatives à la prise en charge médicale. Ce comportement qui paraît anodin peut coûter des vies. Pourtant, une simple analyse permet d’anticiper les risques et d’éviter le pire.
Selon Dr Djikoloum Kombé Cyrus, Médecin Chef de l’hôpital de Liwa dans la province du Lac, « en cas d’accident grave, d’hémorragie ou de maladie sévère, la transfusion sanguine est souvent la première option pour sauver le patient. Mais lorsque le groupe sanguin n’est pas connu, le temps de réaction est rallongé, et chaque minute perdue peut être fatale ». Dans ce cas de figure, les femmes enceintes sont les plus exposées. Chez elles, la connaissance du groupe sanguin est encore plus déterminante. Le facteur Rhésus peut, en cas d’incompatibilité, provoquer de graves complications pour le nouveau-né. « « Lorsqu’une mère est Rhésus négatif et que le bébé est Rhésus positif, sans suivi adéquat, cela peut entraîner une maladie hémolytique du nouveau-né, avec des conséquences parfois irréversibles », explique Dr Djikoloum Kombé. Il souligne que cette situation peut être évitée grâce à un dépistage précoce et une prise en charge médicale appropriée.
Avant toute intervention chirurgicale ou certains soins spécifiques, connaître le groupe sanguin du patient est indispensable pour anticiper d’éventuels besoins transfusionnels. Dans les hôpitaux, cette information fait partie des examens de base exigés, mais beaucoup de patients n’en disposent pas avant leur admission. « Nous appelons la population à ne pas attendre d’être malade ou victime d’un accident pour connaître son groupe sanguin. C’est une information personnelle qui doit être connue à l’avance », insiste le médecin-chef.
Au-delà de la protection individuelle, connaître son groupe sanguin est aussi un acte de solidarité. Les donneurs réguliers permettent de maintenir les stocks de sang nécessaires pour les urgences quotidiennes. « Chaque don peut sauver jusqu’à trois vies. Mais pour organiser efficacement les dons, il est essentiel que les donneurs connaissent leur groupe sanguin », rappelle Dr Djikoloum Kombé Cyrus.
Un appel à la responsabilité collective
Face à ces enjeux, il est indispensable pour chaque citoyen de prendre connaissance de son groupe sanguin dans une structure sanitaire agréée. Le noter et le garder sur soi, sur la carte d’identité nationale, le téléphone voire le carnet de santé est un acte citoyen.
Pour le Médecin, « connaître son groupe sanguin est un geste simple, mais aux conséquences immenses. C’est une responsabilité individuelle et un engagement pour la santé de toute la population ». Pour couronner le tout, connaître son groupe sanguin aujourd’hui, c’est se préparer à sauver sa vie ou celle d’autrui.
Man-Ya Allah Gisèle












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