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Santé publique : La gestion des ambulances au cœur des urgences médicales

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Les ambulances jouent un rôle essentiel dans la prise en charge des urgences médicales. Entre difficultés de circulation, manque de sensibilisation de la population et nécessité de moderniser le système de secours, les responsables du Centre Hospitalier Universitaire la Référence Nationale (CHU-RN) mettent en lumière les réalités du terrain ainsi que les efforts engagés pour améliorer les interventions d’urgence à N’Djaména.

Le Directeur général du CHU-RN, Ibrahim Hamat, explique que les premiers secours constituent une étape cruciale pour sauver des vies avant l’arrivée des équipes médicales spécialisées. Selon lui, une prise en charge rapide permet de limiter les complications liées aux accidents de route, aux brûlures, aux étouffements ou encore à d’autres situations critiques. Il souligne que le CHU-RN demeure aujourd’hui le plus grand centre hospitalier universitaire du Tchad en termes de capacité d’accueil et de ressources humaines qualifiées. Au cours de l’année 2025, l’établissement a accueilli entre 110 000 et 120 000 patients, dont près de 30 000 à 35 000 pris en charge dans les services des urgences médicales et chirurgicales.

Le Directeur général précise également que l’hôpital dispose actuellement de quatre ambulances médicalisées et de deux véhicules destinés au transport non médicalisé. Toutefois, il reconnaît que le système de prise en charge fonctionne encore de manière traditionnelle, notamment à travers les demandes de transfert de patients entre les hôpitaux ou depuis les domiciles vers les structures sanitaires.

Dans cette dynamique de modernisation, Ibrahim Hamatrévèle que des discussions sont en cours avec une société de téléphonie mobile afin de mettre en place un numéro d’urgence spécialement dédié aux ambulances. Selon lui, ce futur système permettra à un médecin régulateur de répondre directement aux appels, d’évaluer la gravité des situations, de localiser les patients et d’envoyer l’ambulance la mieux adaptée à chaque intervention.

Le responsable hospitalier indique aussi que les ambulances médicalisées du CHU-RN sont équipées de matériels essentiels, notamment des dispositifs d’oxygénation, des appareils de surveillance et des défibrillateurs cardiaques. Il ajoute que l’établissement assure régulièrement la couverture sanitaire des grands événements organisés à N’Djaména, avec la mobilisation d’infirmiers et de médecins selon le niveau de risque.

Les difficultés persistent sur le terrain

Le Directeur général insiste également sur la nécessité de développer la médecine préhospitalière grâce à une meilleure coordination avec les sapeurs-pompiers et les forces de sécurité. Cette collaboration, estime-t-il, permettrait d’assurer des interventions plus rapides et mieux organisées lors des incendies ou des accidents de la circulation. Selon Ibrahim Hamat, de nombreux citoyens ignorent encore l’importance des ambulances ou pensent que ces services restent difficiles d’accès. Cette méconnaissance pousse parfois certaines familles à transporter les malades dans des conditions dangereuses, notamment à moto ou à bord de véhicules inadaptés.

De son côté, le Chef de Parc des ambulances du CHU-RN, Ahmat Hassan, explique que les équipes interviennent quotidiennement dans plusieurs quartiers de N’Djaména ainsi que dans différents centres de santé à la suite des appels d’urgence. Il précise que les ambulances sont immédiatement mobilisées lorsqu’aucun moyen de transport approprié n’est disponible pour le patient. Il ajoute également que les chauffeurs et les équipes médicales bénéficient de formations organisées tous les six mois afin de renforcer leurs compétences dans la prise en charge et le transport des malades.

Ahmat Hassan regrette que certaines personnes considèrent encore l’ambulance comme une « voiture de la mort », ce qui pousse plusieurs familles à hésiter avant de solliciter les secours. « Les véhicules destinés au transport des dépouilles sont totalement différents des ambulances médicales », rappelle-t-il.

Le Chef de Parc dément également les rumeurs selon lesquelles les services d’ambulance seraient réservés aux personnes aisées. Selon lui, ces services restent accessibles à tous sans distinction.

Enfin, Ahmat Hassan souligne que les principaux obstacles auxquels les ambulances sont confrontées demeurent les embouteillages ainsi que le manque de civisme de certains usagers de la route. « Malgré l’activation des sirènes, certains conducteurs refusent encore de céder le passage aux véhicules de secours », déplore-t-il.

Media Djimi Sougui

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