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Sécurité

 « Tant qu’il y a des armes entre les mains des civils, nous n’aurons pas la paix », Maréchal du Tchad, Mahamat Idriss Deby Itno, chef de l’Etat

Le Président de la République, Maréchal du Tchad, Chef suprême des Armées est un homme de terrain qui sait se déplacer quand il faut. Gestion sécuritaire, lutte contre le terroristes, préservation de l’intégrité territoriale mais aussi la gestion des conflits meurtriers font partie de ses motifs de déplacement.

À la suite du conflit intercommunautaire meurtrier survenu à Igot, dans le département de Dar Tama, province du Wadi Fira, le président de la République, Maréchal du Tchad, Mahamat Idriss Deby Itno, s’est rendu sur les lieux afin de constater l’ampleur des dégâts, réconforter les populations et annoncer les mesures destinées à prévenir de nouvelles violences.

Au cours d’un entretien accordé à la presse présentielle, le Chef de l’État a expliqué que ce déplacement s’inscrit dans sa démarche habituelle de gestion des crises. « Lorsqu’il y a des événements malheureux, des pertes en vies humaines, je me rends toujours sur place. Je suis allé à Abéché, au Guéra, à Kouri Bougoudi ainsi que dans la province du Lac. Igot n’est donc pas un cas isolé », a-t-il déclaré. « Il est de mon devoir de constater moi-même la situation et de prendre les dispositions nécessaires pour éviter que cela ne se reproduise. »

Selon le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, les violences observées dans l’Est du Tchad sont en partie liées à la guerre qui sévit au Soudan. Il a rappelé que les deux pays partagent une frontière d’environ 1 500 kilomètres, traversant les provinces de l’Ennedi Est, du Wadi Fira, du Ouaddaï et du Sila, une zone particulièrement difficile à sécuriser.

Le Chef de l’État estime que la circulation incontrôlée des armes favorise l’extension des violences et accuse les deux principales parties au conflit soudanais  l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR) d’avoir contribué à transformer une crise politique en affrontements intercommunautaires susceptibles de déstabiliser le Tchad.

À l’issue des concertations avec les autorités administratives, militaires, civiles et traditionnelles, plusieurs décisions ont été annoncées. Elles portent notamment sur le renforcement du dispositif sécuritaire le long de la frontière tchado-soudanaise et sur la création d’une commission chargée d’accélérer le désarmement des populations civiles dans les zones concernées.

Le Président a insisté sur le lien direct entre la prolifération des armes et les conflits communautaires. « Tant qu’il y a des armes entre les mains des civils, nous n’aurons pas la paix », a-t-il martelé, précisant que plus de 15 000 à 16 000 armes ont déjà été récupérées depuis le début de la transition.

Les chefs traditionnels appelés à assumer leurs responsabilités

S’adressant aux chefs traditionnels, que le Chef de l’État considère comme des auxiliaires de l’administration, il a tenu un discours de fermeté. Il les a exhortés à jouer pleinement leur rôle dans la prévention des conflits, la préservation de la cohésion sociale et la promotion du vivre-ensemble. Il les a avertis qu’ils devront assumer leurs responsabilités ou s’exposer à des sanctions pouvant aller jusqu’à leur remplacement s’ils se montrent défaillants. Le Président de la République a également lancé un appel aux populations vivant dans les zones frontalières afin qu’elles préservent l’unité nationale et s’abstiennent de toute implication dans les conflits des pays voisins.

Il a, par ailleurs, dénoncé la diffusion sur les réseaux sociaux de messages à caractère haineux par certains membres de la diaspora, estimant que ces publications contribuent à alimenter les tensions et les violences.Évoquant enfin la présence de près de deux millions de réfugiés soudanais sur le territoire tchadien, le Chef de l’État a appelé la communauté internationale, en particulier l’Organisation des Nations unies et l’Union africaine, à intensifier leurs efforts pour mettre un terme au conflit au Soudan. « Je reste convaincu qu’avec les mesures prises, la situation s’améliorera », a-t-il conclu.

Prévenir les crises par la sensibilisation et la concertation

Poursuivant sa mission de terrain, le mercredi 29 avril 2026, le Président de la République a rencontré une commission composée d’anciens ministres, de conseillers spéciaux à la présidence et d’officiers généraux volontaires pour conduire une vaste campagne de sensibilisation en faveur de la cohabitation pacifique dans l’Est du pays. Les membres de cette commission ont présenté au Chef de l’État le bilan de leurs différentes missions, notamment les résultats obtenus dans le règlement du conflit d’Igot. Saluant leur engagement, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno les a encouragés à poursuivre leurs actions de proximité, estimant que les conséquences de la guerre au Soudan font peser un risque réel de déstabilisation sur les provinces orientales.

Dans la continuité de cette rencontre, le Chef de l’État a reçu les autorités traditionnelles des quatre provinces frontalières avec le Soudan. Trente-quatre chefs de canton ainsi que les six sultans du Ouaddaï, du Dar Zakhawa, du Dar Bilia, de Kapka, du Dar Tama et du Dar Sila ont participé aux échanges. Le Président les a exhortés à renforcer leur collaboration avec les services de l’État, à signaler les auteurs de criminalité transfrontalière et à faire de la lutte contre la circulation des armes de guerre une priorité.

En fin, le Maréchal du Tchad Mahamat Idriss Deby Itno, chef de l’Etat, a rappelé que les chefs traditionnels sont les premiers garants de la stabilité locale. Il les a mis en garde contre toute forme de complaisance envers les individus dont les agissements pourraient provoquer des conflits communautaires, les appelants à exercer pleinement leurs responsabilités au service de la paix et de la cohésion nationale.

Badour Oumar Ali

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