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Développement

Tchad : la redynamisation de l’EFTP est amorcée

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle a ouvert, à N’Djamena, les Journées nationales de réflexion pour la redynamisation de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels (EFTP). Organisées du 27 au 29 juillet autour du thème « Comment faire de l’EFTP un sous-secteur dynamique, performant et orienté vers les besoins économiques locaux et l’insertion professionnelle des jeunes », ces journées sont présidées par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle, Dr Sitack Yombatina

Ces journées traduisent la volonté du Gouvernement de faire de l’enseignement technique et professionnel un véritable moteur de croissance, conformément à la vision du Président de la République et aux orientations du Plan présidentiel quinquennal 2024-2029, ainsi qu’au Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », qui placent le développement du capital humain et la valorisation des compétences au cœur de la transformation du pays.

En ouvrant les travaux, le ministre de l’Enseignement supérieur, Dr Sitack Yombatina a présenté l’Enseignement et la Formation Techniques et Professionnels comme un levier stratégique pour répondre aux défis de l’emploi, de l’industrialisation, de l’entrepreneuriat et de la diversification économique du Tchad.

Malgré son rôle essentiel dans la formation d’une main-d’œuvre qualifiée, l’EFTP reste confronté à des difficultés majeures. Le ministre a indiqué qu’aujourd’hui, le pays dispose de 42 lycées techniques accueillant environ 7 700 élèves et de 99 centres de formation professionnelle, répartis dans les 23 provinces, qui accueillent 2 575 apprenants. La capacité nationale d’accueil ne dépasse pas 10 199 places, tandis que les filles ne représentent que 18 % des effectifs.

Le ministre a souligné qu’à ces chiffres s’ajoutent plusieurs contraintes : une gouvernance encore peu coordonnée, un financement insuffisant, des infrastructures et des équipements souvent inadaptés aux métiers modernes, une offre de formation parfois éloignée des besoins des secteurs productifs, une faible implication du secteur privé, des difficultés d’insertion des diplômés ainsi que d’importantes disparités entre les provinces. « L’EFTP ne doit plus être considéré comme une voie de second choix. Il doit devenir une voie d’excellence, un choix d’avenir et un instrument stratégique au service de la compétitivité nationale, de la souveraineté économique et de l’insertion durable de notre jeunesse », a-t-il affirmé.

Cinq réformes pour refonder l’EFTP

Ces cinq réformes portent sur l’amélioration de la gouvernance, l’augmentation du financement de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels (EFTP), la modernisation des formations, la promotion de l’inclusion des femmes et des jeunes, ainsi que le renforcement des liens entre les formations et les besoins du marché du travail grâce à une plus grande implication des acteurs économiques.

Le ministre a insisté sur la nécessité de changer de modèle, en passant d’une logique de gestion administrative à une logique de performance et de développement des compétences. Selon lui, le Tchad doit évoluer d’une logique de gestion des établissements vers une logique axée sur le développement des compétences.

Dr Sitack Yombatina a annoncé la création de nouveaux mécanismes de gouvernance, notamment un Pacte national pour les compétences, un Conseil national des compétences et un Observatoire des métiers. Les académies devront également élaborer des plans régionaux afin d’adapter les formations aux besoins économiques de chaque province.

Le directeur pays du Programme alimentaire mondial (PAM), Jean Noël Gentil, a salué l’initiative du Gouvernement. Il a rappelé que le développement des compétences constitue l’un des investissements les plus rentables pour l’avenir du pays. Il a estimé que la réussite de cette réforme dépendra d’une gouvernance renforcée, d’une meilleure adéquation entre les formations et les besoins du marché, d’un partenariat accru avec le secteur privé, d’un financement durable, ainsi que d’une attention particulière portée aux jeunes filles, aux jeunes des zones rurales et aux populations vulnérables.

Les partenaires techniques et financiers ont réaffirmé leur disponibilité à accompagner le Gouvernement dans la mise en œuvre des réformes qui découleront de ces trois journées de réflexion.

Zara Sakawa Abba-meï

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