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Tchad

« Un enfant, un acte de naissance » : Une opération pour enregistrer un million d’enfants

Le vice-Premier ministre, ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Limane Mahamat, a lancé officiellement, ce 24 juillet 2026 à l’hôtel Radisson Blu, l’opération spéciale « Un enfant, un acte de naissance ». Mise en œuvre par le gouvernement avec l’appui de l’UNICEF, cette initiative vise à enregistrer au moins un million d’enfants âgés de 4 mois à 17 ans, afin de leur garantir une identité juridique et de faciliter leur accès aux services sociaux de base.

Dans son allocution, le président du comité de pilotage, Goundoul Vikama, a indiqué que cette opération répond au faible taux d’enregistrement des naissances au Tchad. Selon lui, cette situation prive des millions d’enfants de leur identité juridique et, par conséquent, de l’accès aux services sociaux de base ainsi qu’à la protection prévue par la loi. Il a assuré que le comité de pilotage veillera à la coordination et au suivi de l’opération jusqu’à son aboutissement.

De son côté, le représentant adjoint chargé des opérations de l’UNICEF au Tchad, Daouda Diop, a rappelé que seuls 25,7 % des enfants de moins de cinq ans sont enregistrés à l’état civil, d’après l’Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) de 2019. Ce taux reste inférieur aux moyennes de l’Afrique centrale et de l’Afrique subsaharienne. Il a attribué cette faible couverture à l’éloignement des centres d’état civil, au manque d’information des populations, aux pesanteurs socioculturelles et aux difficultés financières. « Un enfant non déclaré à l’état civil est un enfant sans droits », a-t-il affirmé, avant de réitérer l’engagement de l’UNICEF à accompagner le gouvernement dans le renforcement du système d’état civil et la régularisation de la situation des enfants non enregistrés.

Une campagne de proximité

Le directeur général de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANAT), Youssouf Gourou Tchaby, a présenté le dispositif opérationnel de la campagne. Des équipes d’enrôlement, recrutées au sein des communautés et équipées de smartphones, seront déployées dans les ménages afin de collecter les données, qui seront ensuite intégrées au registre national biométrique. Il a souligné que les autorités administratives et traditionnelles seront pleinement associées au processus pour garantir la fiabilité des informations recueillies. « L’acte de naissance est bien plus qu’un document administratif ; il est la première preuve de l’existence d’un citoyen », a-t-il déclaré.

Procédant au lancement officiel de l’opération, Limane Mahamat a rappelé qu’en 2024, près de 2,958 millions d’enfants de moins de cinq ans demeuraient sans enregistrement à l’état civil et que 829 000 élèves fréquentaient les écoles sans document attestant de leur existence juridique. Il a précisé que cette première phase, prévue sur six mois, couvrira douze provinces grâce à deux approches : le recensement des enfants dans les ménages et une campagne dans les établissements scolaires dès la prochaine rentrée.

Le vice-Premier ministre a également insisté sur la gratuité totale de l’opération. Il a rappelé que le moratoire signé le 2 février 2026 suspend jusqu’en 2030 le paiement des frais de greffe liés aux jugements supplétifs pour les enfants de 4 mois à 17 ans. « Aucune famille tchadienne ne devra débourser le moindre franc pour faire enregistrer son enfant dans le cadre de cette opération », a-t-il assuré.

Sikngaye Tamaltan Inès

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