Le Tchad accueille, du mardi 16 au vendredi 19 décembre 2025, un atelier sous-régional consacré à la cartographie des infrastructures de fibre optique et au développement des services financiers numériques. La rencontre réunit les autorités de régulation, décideurs publics, partenaires techniques et opérateurs du secteur des télécommunications d’Afrique centrale. Les travaux ont été officiellement ouverts par le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration, Dr Boukar Michel.
« Aucun État ne peut, à lui seul, relever les défis de la connectivité, de la cybersécurité et de la confiance numérique » dit-on. Cette conviction résume l’importance stratégique de cette rencontre sous-régionale qui rassemble le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, le São Tomé-et-Principe et le Tchad. Dans un contexte marqué par l’accélération de la transformation digitale, la coopération sous-régionale apparaît comme un levier indispensable pour bâtir une Afrique centrale interconnectée, souveraine et compétitive.
Pour le directeur général de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), Haliki Choua Mahamat, la fibre optique « n’est pas un simple câble, mais une véritable colonne vertébrale stratégique ». Elle relie les territoires, soutient la croissance économique, rapproche l’État des citoyens et stimule l’innovation. Toutefois, reconnaît-il, ces infrastructures demeurent encore insuffisamment visibles. D’où l’importance de la cartographie, présentée comme un acte de lisibilité, de responsabilité et d’engagement collectif, permettant de clarifier l’existant, de planifier avec justesse et d’orienter les investissements de manière intelligente. Véritable socle d’une régulation moderne et anticipative, elle s’inscrit pleinement au service de l’intérêt général.
Cette vision s’inscrit dans l’orientation stratégique impulsée par le Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, qui a fait du numérique un pilier central du projet national de développement, de modernisation de l’État et d’intégration régionale.
De son côté, le représentant de l’Union internationale des télécommunications (UIT), Serge Valéry Zongo, souligne que l’atelier place au cœur des échanges les enjeux cruciaux de la sécurité et de l’avenir numérique de la sous-région. Si l’Afrique progresse globalement, près de 40 % de la population de la sous-région reste encore privée d’accès à Internet, en raison notamment de l’insuffisance des infrastructures de télécommunications.
Le Président exécutif de l’Autorité des régulateurs des télécommunications de l’Afrique centrale (ARTAC), le Congolais Christian Katende Mukinay, rappelle pour sa part que l’ARTAC, créée en 2004, constitue un cadre privilégié de concertation et de coordination de l’action collective. Elle œuvre à l’harmonisation des réglementations, à la modernisation des infrastructures et à la promotion de l’intégration des technologies de l’information et de la communication en Afrique centrale. « Si nous voulons aller loin, nous devons travailler ensemble », insiste-t-il, appelant au renforcement des capacités, au partage d’expériences et à la défense des intérêts communs dans un esprit de solidarité.
Malgré les investissements consentis ces dernières années, plusieurs défis subsistent, notamment l’absence d’une cartographie exhaustive des réseaux, le déficit de coordination et la faiblesse de l’interconnexion régionale. Autant de contraintes qui freinent l’investissement et l’intégration sous-régionale.
Au-delà de son aspect technique, la cartographie des infrastructures apparaît ainsi comme un véritable outil de souveraineté et d’aide à la décision stratégique. Elle permet d’optimiser les ressources, d’éviter les doublons coûteux, de sécuriser les infrastructures critiques et de renforcer la crédibilité des financements.
Ouvrant les travaux, le ministre des Télécommunications Dr Boukar Michel a appelé les participants à des échanges rigoureux, pragmatiques et ambitieux. Les services financiers numériques, autre pilier de l’atelier, portent en effet une promesse forte d’inclusion et de dignité économique. Mais cette ambition ne peut se concrétiser sans des infrastructures numériques robustes, interconnectées et maîtrisées, conditions indispensables à l’émergence d’une économie moderne, inclusive et sécurisée.
Abakar Gombo Doungous












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