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Ramadan-Carême : Commerçants et consommateurs face à la variation des prix

À Sarh, chef-lieu de la province du Moyen-Chari, l’ambiance est particulièrement animée dans les marchés en cette période de Ramadan pour les musulmans et de Carême pour les chrétiens catholiques. Comme chaque année, ces moments de prière, de jeûne et de partage entraînent une forte affluence dans les lieux de vente. Mais au-delà de l’animation habituelle, un sujet domine les conversations : la variation des prix des produits alimentaires de première nécessité.

Au marché Central de Sarh, les allées sont bondées. Les clients circulent entre les étals garnis de légumes frais, de sacs de farine et de sucre. Devant les bouchers, les discussions se prolongent : on compare les prix, on négocie et on cherche la meilleure offre. Plusieurs consommateurs affirment constater une amélioration par rapport à l’année précédente. «L’an dernier, tout était cher. Cette fois-ci, certains prix ont baissé », explique un père de famille. Le sac de sucre de 25 kilogrammes, vendu autour de 25 000 francs CFA l’année dernière, coûte aujourd’hui environ 17 000 francs CFA dans plusieurs boutiques. Du côté de la viande, le kilogramme est proposé, dans certains points de vente, à 750 francs CFA contre 1 500 francs CFA auparavant. Une différence qui soulage de nombreux ménages.

Cependant, tous les acheteurs ne partagent pas cet optimisme. Certaines clientes dénoncent des hausses jugées injustifiées sur d’autres produits essentiels. « On dirait que certains profitent de la période religieuse pour augmenter les prix. Pourtant, c’est un mois béni où les commerçants devraient recevoir la bénédiction de Dieu en baissant les prix de leurs marchandises», regrette une mère venue faire ses provisions pour la rupture du jeûne. Selon plusieurs consommateurs, les légumes, notamment la tomate, le gombo, les carottes et d’autres produits maraîchers, ont connu une hausse ces dernières semaines. Malgré quelques baisses substantielles, le panier de la ménagère demeure globalement coûteux.

Du côté des vendeurs, le discours diffère. Les bouchers évoquent des difficultés d’approvisionnement. Les tensions et conflits signalés dans certaines localités de la province compliquent le transport du bétail vers la ville. « Quand les animaux arrivent en petit nombre, les prix montent automatiquement », explique Abakar Sosal, boucher au marché central de Sarh. Les vendeurs de légumes parlent également des aléas climatiques et des frais de transport qui influencent leurs tarifs. Ils reconnaissent toutefois que le sucre et la farine affichent une baisse plus marquée cette année, grâce à un meilleur approvisionnement.

En cette période placée sous le signe de la foi, de la solidarité et du partage, commerçants et consommateurs appellent à une stabilisation durable des prix. Tous espèrent que des efforts soient consentis afin de permettre aux familles de vivre le Ramadan et le Carême dans la sérénité, sans que le coût des denrées alimentaires ne devienne une source permanente d’inquiétude.

Gabriel Ngaba Dieudonné, correspondant du Moyen Chari

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