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Editorial Tchad

Éditorial : Une réglementation absolue

« Il y a un temps pour tout », dit un adage populaire. Ce temps semble désormais arrivé pour les occupants des réserves foncières de l’État. Le gouvernement tchadien a décidé de partir en guerre contre celles et ceux qui se sont accaparé desdits domaines à des fins personnelles, parfois commerciales.

Une vaste opération d’expropriation et de réhabilitation est ainsi lancée dans la capitale, N’Djaména. Le ton a été donné par le ministre en charge de l’Aménagement du territoire, de l’Habitat et de l’Urbanisme, Mahamat Assileck Halata, qui évoque près de 400 réserves de l’État, illégalement occupées par des particuliers. Selon lui, ces terrains sont identifiés et des mesures appropriées sont prises afin que l’État rentre dans ses droits.

Au pays de Toumaï, cette pratique est devenue courante. Certains individus exploitent leur position sociale pour s’approprier, en toute impunité, des biens relevant du domaine public. L’offensive engagée par le Ministère vise à mettre fin à un désordre longtemps toléré. Il est désormais temps de sévir, afin de donner l’exemple. Les détenteurs de faux documents fonciers, leurs complices et tous les acteurs illégitimes devront répondre de leurs actes conformément aux lois en vigueur.

Dans ce contexte, la lutte pour la restitution des biens publics doit être globale, durable et surtout transparente, afin de garantir l’équité et la justice pour tous.

Comme le dit la maxime : « aux grands maux, les grands remèdes ». Toutefois, cette opération ne sera pas un long fleuve tranquille. Le Ministère devra faire face à des individus influents, à des réseaux puissants et à des intérêts solidement établis. Il lui appartient donc de faire preuve d’une rigueur sans faille, d’agir avec fermeté, sans complaisance ni favoritisme.

Mais, l’exemplarité doit aussi venir de l’État lui-même. Il est impératif de rendre disponibles et accessibles les schémas cadastraux de toutes les villes, de les faire respecter et de les imposer à tous. Par ailleurs, la coexistence entre les services officiels d’attribution des terrains et les vendeurs traditionnels, communément appelés ‘’boulama’’, complique davantage la situation.

Justement, dans le cas précis des ‘’boulama’’, il est légitime pour l’administration d’élaborer, de définir un cadre règlementaire devant les orienter. Car en l’état actuel des choses, ces derniers font de l’amalgame, créant des tensions sociales partout, en termes de vente de terrain. Il n’est pas rare de constater que pour une parcelle vendue par les ‘’boulama’’, trois à quatre propriétaires se retrouvent en justice. Des situations pareilles sont inacceptables et doivent être punis sévèrement. Sans des réformes et mesures courageuses et contraignantes, la fin de ces dérives restera illusoire.

La Rédaction

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