Dans une circulaire signée, le 11 septembre 2026, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle, a fixé de nouvelles conditions d’admission, à titre exceptionnel, des étudiants en régime spécial dans les Facultés des Sciences de la Santé humaine. Cette décision intervient dans un contexte marqué par un afflux croissant de demandes d’inscription en régime spécial. Le ministre rappelle, à juste titre, que ce régime ne constitue pas un droit, mais revêt un caractère strictement exceptionnel.
L’objectif affiché est clair : préserver la qualité de la formation médicale, garantir un encadrement pédagogique et hospitalier adéquat, lequel tient compte des capacités réelles d’accueil des établissements concernés. Pour l’année académique 2026-2027, le nombre d’étudiants admis en régime spécial ne pourra ainsi excéder 50 % de l’effectif total des étudiants admis au concours régulier de 2026. Aucun dépassement de ce plafond ne sera autorisé.
Le constat, lui, demeure préoccupant. Ces dernières années, on assiste à une véritable ruée vers les études de médecine. Une ruée qui ne répond pas toujours à une vocation personnelle ou à un projet mûrement réfléchi de l’étudiant. Souvent, elle est également portée par l’ambition des parents. Pour certaines familles aisées, débourser d’importantes sommes d’argent pour obtenir une admission en régime spécial semble être devenu une manière d’ouvrir les portes de la médecine à leur enfant, indépendamment de ses aptitudes réelles et de sa capacité à suivre une formation aussi exigeante.
Dans certains milieux, être étudiant en médecine est même perçu comme un luxe, un privilège ou un signe de réussite sociale. Mais la médecine n’est ni un titre honorifique ni un statut social. Elle ne doit surtout pas devenir un luxe que l’on achète. Elle exige des connaissances solides, de la discipline, de la rigueur, de l’endurance et surtout de réelles aptitudes scientifiques. Derrière chaque étudiant en médecine se profile, demain, un professionnel appelé à prendre en charge des vies humaines.
Cette circulaire, aussi nécessaire soit-elle, ne règle pas tout. Il faut aller plus loin en mettant en place un véritable mécanisme de sélection pour le régime spécial. Pourquoi ne pas organiser un concours spécifique pour les candidats au régime normal et un autre, distinct, pour ceux qui souhaitent intégrer la filière en régime spécial ? Une telle approche permettrait de sélectionner les candidats sur la base de leurs capacités réelles et de leur mérite, plutôt que de laisser la capacité financière devenir, directement ou indirectement, un facteur déterminant.
Car si le régime spécial doit continuer d’exister, il ne devrait jamais devenir une voie de contournement du mérite. L’argent peut permettre de payer des frais de formation, mais il ne peut pas acheter les compétences, la rigueur, les aptitudes scientifiques ni la vocation nécessaires pour devenir médecin. La formation médicale mérite mieux. Et surtout, les futurs patients tchadiens méritent des médecins sélectionnés et formés selon des critères d’excellence.
Dans un domaine où une erreur peut coûter une vie, le mérite, la compétence et l’aptitude doivent rester au-dessus de toute considération financière.
La Rédaction











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