Depuis plusieurs décennies, la recherche de la qualité demeure au centre des préoccupations des plus hautes autorités du pays, notamment de celles en charge de l’Education nationale. Dans cette perspective, et avec l’appui de ses partenaires multilatéraux, le gouvernement ne cesse d’investir des moyens conséquents dans de nombreux domaines du système éducatif. La preuve la plus récente est donnée le 23 octobre dernier par la Banque mondiale et le Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS). En effet, ces deux institutions ont remis 39 mille tablettes numériques et power-banks au ministère de l’Education nationale, du Bilinguisme et de la Promotion civique. Objectif, permettre aux enseignants du primaire (CP1 et CM1) de corriger les lacunes que connaissent nombre d’élèves dans la maîtrise de la lecture et du calcul.
Etant donné et reconnu que le premier déterminant des acquis de ces élèves est la qualité de ce qu’ils apprennent en classe, ces outils numériques devraient normalement aider les enseignants du public à leur offrir un encadrement pédagogique de proximité adéquat. Lesdites tablettes préconfigurées intègrent d’ailleurs les programmes officiels et les fiches de préparation pouvant faciliter la tâche lors du rendu des cours.
Même si les différents intervenants de l’événement reconnaissent que les équipements remis ne pourront en aucun cas remplacer l’humain mais qu’ils serviront plutôt d’outil d’accompagnement quotidien pour améliorer la gestion pédagogique et administrative, un grand hiatus est à relever. Il s’agit ici de l’aspect suivi et évaluation des maîtres bénéficiaires de ces tablettes sur le terrain. A-t-on pris en compte préalablement la dotation par exemple des conseillers pédagogiques et des inspecteurs départementaux de l’éducation nationale desdits outils mais contenant de la matière leur permettant de faire un suivi rigoureux et une évaluation méthodique des enseignants devant appliquer sur le terrain ce programme ? Rien n’est précisé à ce niveau, et c’est là aussi où le bât blesse !
Or, comme l’a relevé l’un des acteurs, aucune réforme ne produira des résultats durables sans des enseignants formés et surtout soutenus et reconnus. Et au stade actuel de ce processus novateur, ceux chargés de former les enseignants en amont, qui, à leur tour, appliqueront cette nouvelle méthode qui se déploiera progressivement dans tout le pays, semblent ignorés. Parce que, pour des résultats satisfaisants et pour une véritable réussite de nombreux élèves tchadiens, aucun maillon de la chaine ne doit être négligé. Sinon, ce sera un éternel recommencement semblable à un travail de Sisyphe et un investissement à pure perte. Et l’Education nationale, considérée comme la priorité des priorités, si elle ne fait pas du sur place, continuera de régresser.
La Rédaction












Ajouter un commentaire