Une affaire de violences volontaires et d’extorsion de fonds opposant Wangbi M. à dame Alliance N., anciens concubins, a été examinée, le jeudi 2 avril 2026, devant la 1ère Chambre correctionnelle de la Cour d’appel de N’Djaména, dans une audience particulièrement tendue.
Les faits remontent au 3 avril 2021, alors que le couple vivait encore ensemble. Selon les déclarations de la victime, dame Alliance N. rentrait tardivement d’une soirée, accompagnée d’un collègue. À son arrivée au domicile, elle aurait été accueillie par son concubin dans un état de colère. Sans lui laisser le temps de s’expliquer, Wangbi M. se serait violemment attaqué à elle, lui assénant coups de poing et coups de pied. Tentant d’échapper à son agresseur, la victime s’est réfugiée dans une chambre. Mais ce dernier l’y aurait poursuivie avant de s’emparer d’un fer à repasser avec lequel il lui aurait infligé des brûlures au niveau de la poitrine. Sous la violence des coups, dame Alliance N. aurait perdu connaissance.
Profitant de son état d’inconscience, le prévenu aurait emporté une valise contenant la somme de 1 700 000 F CFA, avant de saccager la chambre et d’endommager plusieurs biens. Secourue par le voisinage, la victime n’a repris connaissance que le lendemain matin. Après les faits, elle affirme avoir contacté son concubin pour récupérer ses effets et son argent, sans toutefois obtenir la restitution complète de la somme.
En mai 2021, dame Alliance N. a porté plainte auprès de la police judiciaire de N’Djaména pour violences conjugales. À l’issue de l’enquête, le dossier a été transmis à la Cour d’appel, qui a retenu contre Wangbi M. les chefs d’accusation de coups et blessures volontaires et d’extorsion de fonds.
En première instance, le tribunal a condamné le prévenu à trois mois d’emprisonnement avec sursis, ainsi qu’au paiement de 2 500 000 F CFA de dommages et intérêts. Une décision contestée par la partie civile, qui a interjeté appel, estimant que les préjudices subis n’avaient pas été pleinement pris en compte.
Le prévenu conteste les faits
À la barre, Wangbi M. a nié avoir brûlé la victime avec un fer à repasser. Il a également contesté le montant de la somme évoquée, affirmant qu’elle n’atteignait pas 1 700 000 F CFA. De son côté, l’avocat de la partie civile a présenté plusieurs éléments de preuve, notamment des images des brûlures et des cicatrices, ainsi qu’un certificat médical attestant des blessures subies. Selon lui, les dommages endurés par sa cliente sont à la fois physiques, matériels et psychologiques. Il réclame une réparation globale estimée à 15 000 000 F CFA, incluant la perte d’objets (télévision, table, ventilateur, téléphone de marque Samsung), une somme de 525 000 F CFA arrachée de son sac à main, ainsi que le reliquat non restitué de 1 700 000 F CFA.
La défense soutient, quant à elle, que le prévenu n’a jamais pris les 525 000 F CFA. Elle reconnaît toutefois qu’il a emporté la valise, tout en affirmant qu’il ignorait son contenu. Elle ajoute que la victime aurait, à un moment donné, indiqué avoir récupéré son argent sans en préciser le montant exact. Face aux nouveaux éléments présentés, le tribunal a décidé de renvoyer le délibéré au 16 avril 2026.
Ngonmadje Chancel












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