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Corruption : L’AILC renforce son dispositif de recouvrement des avoirs

L’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC), en collaboration avec le Conseil consultatif de l’Union africaine contre la corruption (CCUAC), organise du 28 au 30 octobre 2026 à N’Djaména un atelier de renforcement des capacités sur le recouvrement des avoirs. L’objectif est d’améliorer les compétences des acteurs concernés et de renforcer la coopération dans la lutte contre la corruption et les flux financiers illicites.

 

Le contrôleur général de l’AILC, Nédéou Teubdoyo Gérard, a souligné l’importance de cette formation dans l’amélioration des mécanismes d’identification, de saisie, de confiscation et de récupération des biens issus de la corruption et d’autres activités illicites.

 

Selon lui, la lutte contre la corruption ne saurait se limiter à la détection des infractions. Elle doit également permettre aux États de récupérer les biens acquis illégalement et d’en assurer une gestion efficace. Ce processus repose notamment sur l’identification et la localisation des avoirs, leur saisie, leur confiscation et leur gestion, ainsi que sur la coopération entre les institutions nationales et les partenaires internationaux.

 

Le responsable de l’AILC a également insisté sur la nécessité de renforcer les échanges d’informations entre les services de renseignement financier, les administrations fiscales et douanières, les institutions de lutte contre la corruption et les partenaires internationaux. Il a rappelé que les mécanismes de dissimulation des avoirs dépassent souvent les frontières nationales, rendant indispensable une action coordonnée entre les différentes institutions.

 

Pour Nédéou Teubdoyo Gérard, le recouvrement des avoirs représente aussi un enjeu de souveraineté économique et de restauration de la confiance des citoyens envers les institutions publiques. Il a invité les participants à partager leurs expériences et à formuler des propositions concrètes pour surmonter les difficultés rencontrées sur le terrain.

 

De son côté, le président du Conseil consultatif de l’Union africaine contre la corruption (CCUAC), Kwami Edem Senanu, a remercié les organisateurs et salué les efforts déployés pour la tenue de cet atelier. Il a notamment mis l’accent sur l’importance de l’évaluation des pays en matière de lutte contre la corruption. Cet exercice, a-t-il expliqué, permet de mesurer les progrès accomplis, de relever les insuffisances et de mieux cerner les défis à relever. Il nécessite également un leadership fort et l’engagement des populations.

 

Pendant trois jours, les participants examineront les normes internationales en matière de recouvrement des avoirs, la position africaine commune sur la question ainsi que le cadre juridique et institutionnel tchadien. Les échanges permettront également de tirer des enseignements de l’expérience sénégalaise.

 

À l’issue des travaux, une feuille de route nationale devrait être élaborée afin de définir les priorités et les réformes nécessaires au renforcement du dispositif tchadien de recouvrement des avoirs. L’enjeu est de doter le pays de mécanismes plus efficaces pour lutter contre l’impunité financière et récupérer les biens issus d’activités illicites.

 

Zara Sakawa Abba-meï

 

 

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