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Culture : Le Souffle de l’Harmattan à l’heure de l’IA

Placée sous le thème « Écrire à l’ère de l’intelligence artificielle », la 12ᵉ édition du Festival international Le Souffle de l’Harmattan est officiellement lancée ce mercredi 28 octobre 2026, à la Conférence épiscopale du Tchad. Le coup d’envoi est donné par le commissaire dudit festival, Sosthène Mbernodji en présence des invités venus de pays africains, des écrivains, éditeurs, chercheurs, artistes et passionnés du livre.

Cette édition entend offrir un cadre d’échanges et de réflexion sur les transformations que connaît le monde littéraire à l’heure du numérique et de l’intelligence artificielle. Au programme figurent des rencontres avec les auteurs, des conférences, des panels, des ateliers d’écriture, des séances de lecture et des performances artistiques et des espaces dédiés aux éditeurs et aux libraires.

Le leçon inaugurale a été prononcée par Dr Asguet Mah Félix. Il a soulignél’actualité du thème, qui se situe au cœur des débats sur les aspirations et lespratiques des sociétés contemporaines. Selon lui, les technologies liées àl’intelligence artificielle transforment considérablement les activités cognitiveshumaines et invitent à repenser les rapports entre l’homme, la connaissance et laproduction intellectuelle. Cette réflexion ouvre la voie à des échanges sur lesusages de l’intelligence artificielle dans la création littéraire, ses effets sur lespratiques d’écriture et les défis qu’elle pose aux écrivains, aux enseignants, auxchercheurs et aux professionnels du livre.

Invité d’honneur de cette édition, le poète et orateur camerounais Fleury Ngamelé a salué l’importance de cette rencontre culturelle, qui contribue au rapprochement entre le Tchad et le Cameroun, deux pays frères. Il a souligné la nécessité pour les écrivains et les artistes de s’approprier les outils numériques afin de mieux faire entendre leur voix et de renforcer le dialogue interculturel. « C’est une chance d’occuper une tribune comme celle-ci », a-t-il déclaré, présentant cette participation comme une étape importante de son parcours. À travers la poésie, les arts de la scène et la célébration des identités culturelles, l’invité d’honneur a appelé à faire des mots un trait d’union entre les peuples, au-delà des frontières géographiques. Pour lui, sa présence illustre la volonté du festival de renforcer les échanges littéraires entre les pays africains et de favoriser la circulation des œuvres et des idées.

Le parrain de cette 12ᵉ édition, Me Hissein Ngaro a salué la capacité des organisateurs à réunir des intellectuels tchadiens et africains autour de la littérature, de la connaissance et du partage d’expériences. Le parrain s’est réjoui de la présence des délégations venues de l’intérieur du Tchad et de l’étranger. Pour lui, cette rencontre constitue une occasion privilégiée de confronter les idées, de partager les initiatives et de renforcer les liens entre les acteurs du monde culturel. Selon lui, les échanges entre les aînés et les jeunes doivent permettre de susciter de nouvelles dynamiques, de nourrir les ambitions de la jeunesse et de préparer l’avenir du secteur littéraire, au Tchad, en Afrique et dans le monde.

Manque de soutien au secteur de la culture

Le commissaire du festival, Sosthène Mbernodji, a rappelé la portée symbolique de l’harmattan, « ce vent qui traverse les territoires et annonce de nouvelles saisons. À ses yeux, le festival porte une ambition similaire : faire circuler les idées, rapprocher les peuples et permettre à la pensée de franchir les frontières », a-t-il souligné.

 

Revenant sur les douze années d’existence de la manifestation, il a mis en avant la persévérance du comité d’organisation, qui poursuit son engagement en faveur du livre et de la littérature malgré des contraintes matérielles et financières récurrentes. « Nous sommes là parce que nous croyons que nos livres méritent mieux que l’indifférence », a-t-il affirmé, tout en soulignant que la littérature tchadienne a toute sa place parmi les littératures du monde. Pour le commissaire, la culture ne saurait être reléguée au second plan au motif que d’autres défis nationaux restent à résoudre. « Non, la culture ne peut pas attendre. La lecture ne peut pas attendre, l’éducation ne peut pas non plus attendre », a-t-il martelé.

Sosthène Mbernodji a lancé un appel aux banques et aux entreprises installées au Tchad, les invitant à renforcer leur engagement en faveur de l’éducation, de la jeunesse et du patrimoine intellectuel. Selon lui, la responsabilité sociale des entreprises ne doit pas se limiter aux obligations fiscales, à la recherche du profit ou à des actions ponctuelles de communication. Elle doit aussi se traduire par des initiatives concrètes permettant aux jeunes d’accéder au savoir et à la culture.

 

Alladigba Donatien

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