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Désinformation : Un danger pour les sociétés démocratiques [Dossier 1]

Dans un monde globalisé, le Tchad fait face à la réalité de la diffusion de fausses informations, à l’image d’autres pays. Chaque jour, un flux d’informations véhiculées par divers canaux atteignent une population de plus en plus désorientée et incapable de dissocier les vraies des fausses. Entretemps, la désinformation poursuit son chemin avec ses lots de conséquences désastreuses aux plans social, économique, politique ou humaine.

La désinformation, est comprise comme la construction volontaire d’une information dépourvue de toute base crédible pour orienter la pensée ou influencer l’opinion, afin d’obtenir des gains immédiats, à moyen ou à long termes. L’avènement des réseaux sociaux amplifie la propagation de la désinformation, accentue ses conséquences par le fait de la rapidité dans sa progression. Dans le processus de la diffusion, les acteurs, auteurs ou concepteurs de la désinformation visent l’émotion du destinataire et non la raison, lui livrant du sensationnel.

Les conflits armés, les phénomènes climatiques, la santé, la politique, sont des champs de prédilection de la désinformation. Sur ces terrains, la manipulation des chiffres et/ou le développement de la théorie du complot prospèrent à merveille. En agissant sur l’émotion, la peur et le dégoût, la désinformation installe une crise de confiance envers les institutions politiques, sociales ou entre les individus eux-mêmes. Dans cette perspective, c’est la démocratie elle-même qui se trouve menacée si l’on veut explorer les conséquences de la désinformation au niveau politique. A titre illustratif, les conflits post-électoraux et leurs répercutions, à travers le monde, sont parfois imputables à une campagne savamment orchestrée sur le plan communicationnel et informationnel.

Savoir raison garder

De la méfiance envers les institutions, la désinformation peut être à la base des tensions sociales entre les communautés ou encore influencer l’opinion publique sur des sujets sensibles. « Dans des pays démocratiques comme le Tchad, l’information joue un rôle essentiel. Si les citoyens prennent leurs décisions sur la base d’informations fausses ou manipulées, cela peut affaiblir le débat public et la confiance collective », souligne Denis Ngardiguina, responsable du projet « SaoCheck », une plateforme de vérification des faits.

Dans un contexte social fragile, comme au Tchad, la diffusion de fausses nouvelles contribue à nourrir les tensions sociales en distillant des propos discriminatoires, provocateurs ou extrémistes.  Elle peut inciter au recours à la violence, préjudiciable à la cohésion et à l’unité nationale. Souvent, ces derniers temps, le concours des réseaux sociaux à la flambée des conflits intercommunautaires est dénoncé par les acteurs politiques et ceux de la défense des droits de l’Homme, appelant à un usage responsable et utile.

Les fausses informations sur des mesures préventives ou des traitements médicaux peuvent compromettre la lutte contre plusieurs pandémies, installant ainsi un risque pour la santé publique. Le Vih/Sida, la poliomyélite ou récemment la Covid-19 ont connu des théories du complot, plus ou moins prospère, lorsqu’il a été question de vaccins ou de traitements homologués.

Blaise Mbaïadoumbeye

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