Ces derniers temps, les alertes sur la qualité des produits destinés à la consommation semblent se multiplier. Eaux embouteillées, yaourts et denrées alimentaires font régulièrement l’objet de contrôles, suivis parfois de la suspension de la production, du retrait immédiat des produits du marché ou encore de l’interdiction de leur commercialisation. En juillet 2026, quatre unités de production avaient été suspendues après des contrôles ayant révélé des non-conformités microbiologiques et physicochimiques, ainsi que des insuffisances en matière d’hygiène et de sécurité sanitaire. À l’issue de vérifications, deux entreprises ont finalement obtenu la levée de leur suspension après avoir mis en œuvre des mesures correctives.
Retirer du marché un produit potentiellement dangereux est une obligation de santé publique. Exiger des entreprises qu’elles corrigent leurs installations et renforcent leurs mécanismes de contrôle est également nécessaire. Mais, pourquoi faut-il attendre que les produits soient déjà fabriqués, distribués et parfois consommés pour découvrir qu’ils ne respectent pas les normes ? La sécurité alimentaire ne devrait pas fonctionner comme une ambulance qui arrive après l’accident.
Lorsqu’un communiqué annonce qu’un produit est non conforme et doit être retiré du marché, le consommateur est immédiatement placé dans une situation d’incertitude. Que devient celui qui a déjà acheté le produit ? Celui qui l’a consommé plusieurs jours ou plusieurs semaines avant l’annonce officielle ? Quels étaient précisément les risques liés à cette non-conformité ? Devait- il consulter un médecin en cas de symptômes particuliers ?
Une véritable communication sur les risques devrait permettre aux consommateurs de comprendre la nature du problème et les précautions à prendre. Lorsqu’il est question de qualité microbiologique ou de sécurité sanitaire, le silence ou l’imprécision peuvent nourrir davantage l’inquiétude que la confiance. La même interrogation se pose lorsque les autorités précisent que certains anciens lots ne doivent plus être consommés. Comment s’assurer que ces produits ont réellement disparu des marchés ? Qui vérifie leur retrait effectif dans les boutiques, les kiosques et les points de vente parfois dispersés à travers la ville ou le pays ?
La responsabilité ne peut pas être transférée uniquement au consommateur en lui demandant « d’être vigilant ». Un citoyen ne dispose ni d’un laboratoire ni des moyens techniques nécessaires pour déterminer si l’eau qu’il boit ou le yaourt qu’il achète respecte les normes sanitaires. La vigilance du consommateur est utile, mais elle ne peut pas remplacer le contrôle de l’État.
Un suivi en amont permettrait de détecter les insuffisances avant que les produits ne se retrouvent sur les étals. Lorsque des installations ou des procédés non conformes échappent durablement aux contrôles, c’est toute la chaîne de surveillance qui montre ses failles. La prévention doit ainsi prendre davantage de place aux côtés des mesures de sanction.
La sécurité alimentaire ne doit pas devenir une succession de communiqués annonçant aujourd’hui une suspension et demain une reprise, mais exige un contrôle permanent, rigoureux et transparent
La Rédaction










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