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Editorial

Éditorial : Inspirer confiance

La force d’un État ne se mesure ni au nombre de ses forces de sécurité ni à sa capacité à imposer l’ordre par la seule contrainte. Elle se mesure plutôt au respect de la dignité du citoyen, à la protection de ses droits et à la capacité de ses institutions à établir une relation fondée sur la confiance et le respect mutuel. Dans ce contexte, les forces de l’ordre représentent l’une des institutions de l’État les plus présentes dans la vie quotidienne des citoyens. Le comportement de ses agents ne reflète donc pas uniquement leur personnalité, mais contribue directement à façonner l’image de l’État, de ses institutions et de son autorité.

Les mauvais traitements infligés aux citoyens par certains agents, qu’il s’agisse de propos déplacés, de provocations ou d’attitudes fondées sur la menace et la condescendance, ne sauraient être considérés comme de simples comportements individuels et isolés. Lorsqu’ils se répètent, ils finissent par devenir une source de perte de confiance envers l’institution sécuritaire dans son ensemble. Le citoyen confronté à un comportement brutal ou humiliant peut progressivement en venir à considérer le policier comme un adversaire, voire comme un ennemi, plutôt que comme un agent chargé d’assurer sa protection et de le servir.

Plus grave encore, les provocations répétées peuvent nourrir une colère latente chez les citoyens et contribuer à élargir le fossé psychologique et social entre la population et les forces de sécurité. Une telle situation n’est dans l’intérêt de personne, encore moins de l’État. Car, la véritable sécurité ne repose pas uniquement sur la peur, mais sur la coopération, la confiance et l’adhésion volontaire au respect de la loi.

Dès lors, l’amélioration du comportement des forces de police doit commencer dès la phase de sélection. Le recrutement de personnes qualifiées, capables de communiquer, de maîtriser leurs émotions et de respecter les citoyens, ainsi que leur soumission à une formation professionnelle et éthique complète, constituent des fondements essentiels pour bâtir une force plus efficace et plus disciplinée. Il ne fait aucun doute qu’un agent de l’ordre instruit et qualifié, disposant d’une connaissance du droit, d’une culture générale et de compétences en communication, est davantage en mesure d’exercer ses fonctions sans transformer son pouvoir en moyen d’humiliation ou de provocation.

Cependant, la formation initiale ne suffit pas. Les compétences et les comportements professionnels doivent faire l’objet d’une évaluation et d’une mise à niveau régulières. L’État doit ainsi organiser périodiquement des sessions de formation destinées aux agents de police, portant notamment sur les droits humains, les règles de conduite dans les relations avec les citoyens, la gestion des crises, la maîtrise des émotions, les techniques de communication et le règlement des conflits.

L’autorité des forces de l’ordre n’est pas incompatible avec le respect du citoyen. Au contraire, le respect de la loi est renforcé lorsque le citoyen constate que ceux qui sont chargés de l’appliquer commencent par le respecter lui-même. Une force qui gagne la confiance de la population est à même de préserver la sécurité, tandis qu’un État qui protège la dignité de ses citoyens renforce son autorité.

La Rédaction

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