Par un arrêté signé, le mercredi 9 septembre 2026, le ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale a décidé d’exonérer des droits et taxes à l’importation plusieurs produits et équipements essentiels au développement de l’agriculture et de l’élevage. Sont concernés les semences fourragères, les fourrages, la provende et autres produits destinés exclusivement à l’alimentation du bétail. Les équipements et matériels destinés au forage, au pompage et à l’approvisionnement en eau bénéficient également de cette mesure, de même que les machines, matériels et intrants agricoles nécessaires à la production des cultures fourragères. L’arrêté maintient, par ailleurs, l’exonération des droits et taxes à l’importation sur plusieurs produits alimentaires de première nécessité, notamment le froment, le maïs, le millet, le riz, les farines de céréales autres que le froment ainsi que les semoules.
Sur le papier, cette décision va dans le bon sens. Dans un contexte marqué par la cherté des intrants, les difficultés d’accès à l’eau et les coûts élevés de l’alimentation animale, toute mesure susceptible d’alléger les charges des producteurs mérite d’être saluée. Elle peut contribuer à renforcer les capacités des éleveurs et des agriculteurs et, surtout, à soutenir la production nationale.
Mais, il ne faut pas se tromper de combat. Une exonération fiscale ne constitue pas, à elle seule, une solution miracle. Encore faut-il que les bénéfices de cette décision parviennent réellement aux producteurs et, in fine, aux consommateurs. Sans contrôle, transparence et suivi, une mesure pourtant pertinente risque de rester lettre morte ou de profiter davantage aux intermédiaires qu’au monde rural.
C’est précisément à ce niveau que se situe le véritable enjeu. L’arrêté confie au Directeur général des Douanes et Droits indirects la responsabilité de son application. Cette disposition appelle 0 une vigilance particulière. Il faudra s’assurer que le texte soit appliqué avec rigueur, sans tracasseries, sans prélèvements indus et sans pratiques susceptibles de renchérir artificiellement les produits et équipements concernés.
Les agents indélicats, les pratiques de corruption et les « karan-karan » ne doivent en aucun cas devenir un obstacle à la mise en œuvre de cette décision. Un arrêté pris pour soulager les producteurs ne saurait être neutralisé aux portes des bureaux, des postes de contrôle ou des frontières. L’administration douanière doit donc faire preuve de responsabilité et sanctionner fermement tout agent qui chercherait à contourner ou à entraver l’application de la mesure.
L’efficacité de cet arrêté se jugera moins à l’encre qui l’a signé qu’aux résultats obtenus sur le terrain : baisse des coûts, disponibilité des intrants, amélioration de l’accès à l’eau, développement des cultures fourragères et hausse de la production agricole et pastorale.
Cette décision constitue une opportunité. À l’administration de garantir son application effective, aux opérateurs économiques d’en faire un levier de production et aux acteurs du monde rural d’en tirer pleinement profit. Les solutions à nos problèmes ne résident pas seulement dans les textes. Elles se mesurent surtout à leurs effets concrets sur le terrain.
La Rédaction








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