Début février 2026, la Commission économique et monétaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac), a annoncé la suspension temporaire de certaines de ses activités jugées non essentielles. Cette décision intervient dans un contexte de grave tension financière au sein de l’organisation, conséquence directe des difficultés budgétaires rencontrées par ses États membres.
Dans cette perspective, plusieurs réunions administratives ainsi que des missions officielles non prioritaires ont été suspendues afin de concentrer les ressources disponibles sur les activités considérées comme stratégiques. Cette situation résulte principalement du non-respect des engagements financiers par les États membres, pourtant indispensables au fonctionnement normal de l’organisation communautaire.
Le budget de la Cémac est en grande partie alimenté par la Taxe communautaire d’intégration (TCI). Toutefois, dans la pratique, cette taxe est souvent reversée avec retard à la Commission, voire pas du tout. À titre d’exemple, pour l’exercice 2025, seule la moitié du budget prévu a pu être mobilisée, alors que les arriérés cumulés des États dépassent les 263 milliards de francs CFA.
Plus largement, cette crise de trésorerie s’inscrit dans un contexte économique difficile pour l’ensemble de la sous-région. Les pays de la Cémac font face à des difficultés financières structurelles. La volatilité des prix des matières premières sur les marchés internationaux affecte fortement leurs recettes d’exportation, notamment celles issues du pétrole. Parallèlement, l’endettement public continue de croître, tandis que les dépenses publiques restent élevées.
Si cette situation devait perdurer, les conséquences pour la sous-région pourraient être lourdes. C’est l’ensemble du processus d’intégration économique des six pays membres qui se trouverait fragilisé. Les projets d’infrastructures régionales risqueraient d’être ralentis, voire suspendus, et la libre circulation des personnes et des biens pourrait être compromise.
Face à cette alerte lancée par la Commission, des réformes urgentes s’imposent afin de limiter les dégâts. Parmi les pistes évoquées par plusieurs experts figure notamment la mise en place d’un mécanisme autonome de prélèvement de la TCI, actuellement appliqué uniquement au Gabon.
Au-delà des difficultés financières, c’est également la crédibilité de l’organisation qui est en jeu. Pour agir efficacement sur le plan politique et économique, une institution régionale doit pouvoir compter sur une véritable autonomie financière. Sans cela, les discours sur la souveraineté et l’intégration régionale risquent de rester lettre morte. Respecter les engagements pris pour la cause commune relève, en définitive, d’une simple question de responsabilité collective.
La Rédaction











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