La capitale tchadienne a accueilli, les 25 et 26 juin 2026, la rencontre fondatrice de la Conférence des Conseils Économiques et Sociaux d’Afrique Centrale (COCESAC). Tous les pays de la zone CEMAC y ont participé. À l’issue des travaux, la charte fondatrice a été signée et Dr Ahmat Mbodou Mahamat, président du Conseil économique, social, culturel et environnemental (CESCE) du Tchad, a été élu président de cette nouvelle organisation. C’est un évènement d’une grande portée qui mérite qu’on s’y attarde au regard du contexte régional marqué par plusieurs urgences, notamment celle de réconcilier l’intégration avec les réalités sociales.
Dans le même temps, l’accès des jeunes à l’emploi, la pauvreté, la migration et le changement climatique demeurent préoccupants pour les populations.
La COCESAC s’engage pour l’harmonisation des avis consultatifs des sociétés civiles et de mutualiser les expertises des Conseils économiques et sociaux. Elle portera auprès de la CEMAC, de la CEEAC et de la ZLECAF une parole commune, sur la base des réalités du terrain et non sur la seule administration.
La COCESAC n’est pas, par conséquent, un syndicat ni un rassemblement de plus. C’est une institution consultative prévue par les Constitutions. Sa force est de croiser les regards du secteur privé, du monde du travail, et de la société. En se structurant au niveau régional, la COCESAC peut devenir un cadre permanent de dialogue entre les forces vives et les décideurs. Elle peut éclairer les choix publics et prévenir les décalages entre la norme et le vécu.
Par ces assises, N’Djaména pose un acte de diplomatie institutionnelle. A un moment où les enjeux sécuritaires dominent l’actualité, le Tchad choisit aussi de faire avancer l’intégration par le bas. L’élection du président du CESCE du Tchad à la tête de la COCESAC consacre cette responsabilité.
La création d’une organisation ne suffit pas. La COCESAC devra se doter de moyens, de méthodes de travail et d’indicateurs de résultats. Elle devra produire des avis publics, suivre leur prise en compte par les Etats, et rendre compte aux citoyens. Sans cela, elle risquerait de n’être qu’une structure de plus, une coquille vide. Si elle tient ce cap, la COCESAC peut devenir l’interface indispensable entre la CEMAC et les peuples d’Afrique centrale. Entre les réformes économiques annoncées et la voix des sociétés civiles qui s’organise, il y a désormais un pont à construire. C’est à cette condition que l’intégration cessera d’être un projet d’Etats pour devenir un projet de peuples.
Mais que les instances auprès desquelles la COCESAC va travailler soient également disposées à lui accorder l’attention requise tant en termes de financement qu’en termes d’écoute.
La Rédaction












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