Le décret n° 044 du 22 janvier 2026 fixant les caractéristiques du code vestimentaire des administrateurs du territoire reste un signal politique fort en ce début d’année. Il rappelle clairement que rien ne sera comme auparavant. Un changement en profondeur dans la gouvernance territoriale, aussi bien sur le fond que sur la forme. Désormais, les délégués généraux du gouvernement, secrétaires généraux des provinces, préfets, secrétaires généraux des départements, et sous-préfets seront clairement identifiables par leur tenue de cérémonie et celle ordinaire.
Cette démarche répond à une pratique largement répandue dans le pays. Les administrateurs tchadiens s’habillent de manière disparate, chacun comme il le peut et le veut. Ce qui, parfois, sujet à confusion, engendre des pratiques peu respectables ou même des dérives dissimulées. Au-delà de la conformité et d’un certain désordre, il est question de l’image de l’administration mais aussi de l’obligation de respectabilité qui va avec la tenue d’administrateur définie par l’Etat.
Beaucoup diront que « l’habit ne fait pas le moine » ! Mais le moine se reconnait aussi à son habit. En la circonstance donc, l’habit définit bien le moine. Car, les corps médical et enseignant sont identifiables par leur blouse, l’avocat et le magistrat reconnus par leur toge, les militaires par leur treillis, etc. Il est vrai que les usurpateurs existent, et leur cas mérite réflexion. Mais l’essentiel est ailleurs. Tout corps doit être organisé et avec des garde-fous nécessaires afin de faire obstacle aux personnes malintentionnées qui voudraient se faire passer pour des moines en arborant leur tunique.
En dehors du cadre professionnel ou administratif, la pensée qui voudrait dissocier le métier, la fonction et le titre de l’habillement n’est pas souvent vraie. Chaque endroit exige une tenue conforme. Il y a des événements, des cérémonies où un « dress code » est exigé pour les invités. C’est le cas pour les mariages ou les soirées spécifiques. Il en est de même pour des rendez-vous d’embauche pendant lesquels l’habillement du postulant est particulièrement scruté.
Par-dessus tout, le code vestimentaire défini par les plus hautes autorités remet aussi au centre du débat une autre question : celle de la promotion des administrateurs de formation. Pour éviter le piège de « l’habit qui ne fait pas le moine », il faut remettre la gestion de l’administration du territoire à celles et ceux qui en ont les codes et les compétences.
Vivement que cette démarche annonce de grandes réformes au sein de l’appareil administratif tchadien. Et que les promesses du président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno de promouvoir les énarques à la tête des unités administratives lors de la cérémonie de sortie de la 19ème promotion de l’ENA le 30 juillet 2025 prennent forme dans cet élan nouvel. En définitive, même si l’habit ne fait pas le moine, l’on reconnait le moine par son habit.
La Rédaction












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