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ATPE Editorial Tchad

Éditorial : Quel avenir pour les enfants ?

Le 15 mai de chaque année, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de la famille autour de thèmes variés et adaptés aux réalités du moment. Celui retenu pour l’édition 2026 est : « Familles, inégalités et bien-être des enfants ». Ce thème met en lumière, à bien des égards, l’aggravation des disparités qui affectent la vie familiale et leurs conséquences directes sur les enfants. Il appelle également à un renforcement des investissements dans des politiques intégrées, centrées sur la famille, afin de réduire les inégalités et de favoriser le développement sain des enfants.

Les familles sont, certes, au cœur du progrès socioéconomique. Pourtant, beaucoup d’entre elles demeurent confrontées à la précarité des revenus, à l’insuffisance des mécanismes de prise en charge des enfants et à un accès inégal aux services essentiels. Faute de soutien adéquat, les familles ayant de jeunes enfants sont davantage exposées à la pauvreté, avec des conséquences durables sur la santé, l’éducation et le bien-être général des plus jeunes. L’instabilité économique, l’insuffisance des structures de prise en charge de la petite enfance et les difficultés d’accès aux services sociaux compromettent leur développement, surtout lorsque ces facteurs se conjuguent à des inégalités liées au genre, à l’origine sociale ou ethnique.

À l’heure où les disparités mondiales et particulièrement nationales se creusent davantage, la commémoration de cette année met en évidence les écarts en matière de revenus, d’éducation, de soins de santé, d’accès au numérique et aux services de base, autant d’éléments qui déterminent les chances de réussite des enfants. Mais qu’en est-il réellement au Tchad ?

Pour tout observateur objectif, la situation des familles tchadiennes, et par conséquent celle des enfants, demeure préoccupante. Plusieurs faits viennent malheureusement confirmer cette réalité. Le phénomène récurrent des enfants mouhadjirines, régulièrement dénoncé, persiste sans véritable solution durable. Leur exploitation par certains prétendus «éducateurs » continue au vu et au su de tous. La non-scolarisation de centaines de milliers d’enfants reste également un lourd fardeau pour le système éducatif, tandis que l’éducation non formelle peine à se développer faute de moyens suffisants.

Par ailleurs, le mariage des enfants, malgré les textes de loi adoptés et promulgués, tend à se banaliser dans certaines localités. Les cas de viols, d’abus et de maltraitance des mineurs constituent encore une véritable épine dans le pied des autorités politiques, judiciaires et administratives, souvent critiquées pour leur manque de fermeté face à ces dérives.

Dès lors, célébrer ou commémorer une Journée mondiale par simple suivisme ne devrait plus être la norme. Cette journée doit plutôt constituer une interpellation de la conscience collective et individuelle des Tchadiens. La famille est sacrée, et l’enfant représente l’avenir de la nation. Prendre pleinement conscience des enjeux liés à cette Journée, mieux faire connaître les problématiques familiales et approfondir la réflexion sur les dimensions sociales, économiques et démographiques qui y sont liées devraient être une préoccupation permanente de tous, et non l’affaire d’une seule journée.

La Rédaction

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