L’excellence des relations entre le Tchad et les Émirats arabes unis s’est, une nouvelle fois illustrée, le 8 juillet 2026, par la réception de 50 ambulances et de 50 bus destinés respectivement aux structures sanitaires et aux établissements universitaires. Ce don constitue un appui précieux à deux secteurs prioritaires du gouvernement tchadien, dans un contexte marqué par les contraintes économiques et la volatilité des marchés internationaux, qui réduisent les marges de manœuvre de l’État.
Dans leurs interventions respectives, le Premier ministre, Ambassadeur Allah Maye Halina, et le chargé d’affaires de l’ambassade des Émirats arabes unis au Tchad, Mahamat Al-Meheiri, ont mis en avant la solidité des relations diplomatiques entre les deux pays, leur vision commune du développement ainsi que leur volonté de renforcer davantage cette coopération. Toutefois, au-delà de la portée diplomatique de ce geste, une question essentielle mérite d’être posée : celle de la gestion et de l’utilisation de ces équipements.
Recevoir des véhicules est une chose ; les entretenir et en assurer une gestion durable en est une autre. Cette responsabilité incombe désormais aux structures bénéficiaires. L’exemple des bus universitaires est, à cet égard, particulièrement révélateur. Ces dernières années, l’État a consenti d’importants investissements afin de faciliter la mobilité des étudiants sur l’ensemble du territoire. Malheureusement, la gestion et l’entretien de ce patrimoine ont souvent laissé à désirer. Au campus d’Ardepdjoumal, le constat est préoccupant : plusieurs bus immobilisés pour des pannes ou un manque de maintenance. Cela interroge sur les responsabilités des gestionnaires, notamment celles du Centre national des œuvres universitaires (CNOU), mais aussi sur le comportement des usagers.
Tout véhicule nécessite un entretien régulier, des révisions périodiques et des contrôles techniques rigoureux. Ces exigences, indispensables à la préservation de tout investissement public, semblent pourtant reléguées au second plan. À cela s’ajoute un autre problème récurrent : la surcharge. Aucun véhicule ne peut résister durablement à une utilisation dépassant les limites prévues par le constructeur. Une telle pratique accélère inévitablement son usure et augmente les coûts de réparation.
Les 50 F CFA demandés aux étudiants pour le transport devraient être gérés avec transparence et rigueur afin de contribuer à l’entretien du parc automobile. Parallèlement, une meilleure organisation des rotations permettrait de réduire la surcharge des bus et d’améliorer la qualité du service offert aux étudiants.
Ces insuffisances ne sauraient toutefois exonérer les étudiants de leur part de responsabilité. En tant que futurs cadres du pays, ils sont appelés à adopter un comportement citoyen, respectueux des biens publics. Préserver les équipements collectifs, faire preuve de discipline lors de l’embarquement et promouvoir une utilisation responsable des infrastructures relèvent également de leur devoir.
Au fond, cette réflexion dépasse le seul cas des bus universitaires. Elle renvoie à une exigence plus large : celle de la bonne gouvernance des biens publics. Car un investissement, aussi généreux soit-il, ne produit pleinement ses effets que lorsqu’il est accompagné d’une gestion responsable, d’un entretien régulier et d’un véritable sens du bien commun. C’est à cette condition que les dons et les investissements continueront à servir durablement les populations et à renforcer le développement du pays.
La Rédaction












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