Par tradition, de nombreux Tchadiens tiennent à célébrer l’Aïd-El fitir, dans des vêtements neufs. Cette habitude entraîne, à quelques heures de la fête, une forte affluence dans les ateliers de couture, souvent source de tensions entre clients et couturiers.
Mohamed Abakar, couturier, constate une importante affluence dans son atelier à l’approche de la fête. « Les clients demandent souvent la confection et la livraison de leurs vêtements dans des délais très courts, ce qui crée une forte pression », explique-t-il. Selon lui, cette précipitation complique considérablement l’organisation du travail.
Comparée aux années précédentes, la période de Ramadan semble toutefois moins stressante pour certains professionnels. C’est le cas, d’Adam Abbas, couturier, qui note une baisse de la pression des clients. Il attribue cette situation à une meilleure organisation : « Grâce à la planification et aux commandes passées à temps, je travaille avec plus de sérénité », souligne-t-il.
Au-delà de l’affluence, plusieurs points de friction persistent entre clients et couturiers : les prix de confection, le respect des délais de livraison et les retards répétés. Habitué à se faire confectionner des vêtements pour les fêtes religieuses, Ahmed Ali constate une hausse des tarifs à l’approche de chaque Aïd. « Certains couturiers profitent de la forte demande pour augmenter les prix », estime ce trentenaire.
De son côté, Djiddo Tom, client, pointe surtout les retards dans la livraison. Selon lui, l’affluence, deux à trois semaines avant la fête, entraîne des délais non respectés, des vêtements non apprêtés à temps et parfois des tensions entre clients et tailleurs.
Installé au marché central de N’Djaména, Ibrahim Barka, affirme respecter ses engagements : «Je travaille jour et nuit pour honorer les délais fixés avec chaque client », assure-t-il. Concernant les prix, il évoque une certaine flexibilité : « Les tarifs s’adaptent au pouvoir d’achat. Par exemple, les broderies varient entre 5 000 et 10 000 francs CFA, selon les moyens du client».
Au-delà des différends liés aux prix et aux délais, un problème plus structurel se pose : celui de l’électricité, indispensable au travail des couturiers. Jacoub Hassan Abdelmanane, installé derrière la grande mosquée de N’Djaména, en témoigne : « Pendant le Ramadan, les coupures d’électricité sont un véritable handicap pour mon activité », déplore-t-il. Il appelle à une intervention des autorités compétentes afin d’améliorer la situation énergétique, non seulement pour les ateliers de couture, mais aussi pour d’autres secteurs.
Malgré ces difficultés, l’affluence chez les couturiers illustre l’importance des traditions sociales liées aux préparatifs des fêtes religieuses au pays de Toumaï. Entre pressions, tensions et effervescence, l’esprit de fête reste bien présent à l’approche de l’Aïd 2026.
Moundamaïde Ndingalaou Eveline












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