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Société

Gestion des menstruations : Un droit fondamental lié à l’éducation et à la santé

L’ONG Ensemble Sawa en partenariat avec Women’s Hope a organisé le 16 février 2026 à l’hôtel la Résidence de N’Djaména, une table ronde de haut niveau axée sur « Précarité menstruelle et endométriose ». L’objectif est de transformer un sujet entouré de tabous en priorité de santé, d’éducation et de justice sociale.

Dans son allocution, la présidente fondatrice de l’ONG Ensemble Sawa, Hadjenana Mahamat Abouna, a replacé le débat dans une perspective structurelle. Selon elle, la précarité menstruelle n’est pas une difficulté individuelle mais « une question d’égalité des chances ». Derrière l’absence de protections adaptées se dessinent des inégalités éducatives, économiques et sanitaires qui pèsent lourdement sur la trajectoire des filles. Elle a également insisté sur la méconnaissance persistante de l’endométriose, pathologie gynécologique encore trop rarement diagnostiquée, alors qu’elle constitue « une source majeure de souffrance physique et psychologique ».

De son côté, la député Amina Tidjani Yaya, fondatrice de l’ONG La Voix de la Femme, a rappelé que l’endométriose touche environ une femme sur dix dans le monde. Elle se manifeste par des douleurs pelviennes intenses, des règles abondantes et peut entraîner des difficultés de fertilité. D’après elle, le retard de diagnostic, parfois estimé entre sept et dix ans, aggrave les souffrances physiques et psychologiques. « Trop de femmes souffrent en silence faute d’information et de prise en charge adaptée », a-t-elle déploré.

Au-delà de la maladie, les échanges ont mis en lumière l’impossibilité pour de nombreuses adolescentes d’accéder à des protections hygiéniques sûres et abordables. Cette précarité se traduit par des absences répétées à l’école, une perte de confiance en soi et des risques sanitaires liés à l’usage de solutions inadaptées. Dans certaines communautés, les règles demeurent entourées de stigmatisation, alimentant un climat de honte qui freine la parole et l’accès à l’information.

Faire de la santé menstruelle une priorité nationale

La secrétaire générale du ministère de la Femme et de la Petite enfance, Zara Ratou, a rappelé que la gestion des menstruations touche directement à la dignité humaine. Reconnaître cette réalité implique de garantir des infrastructures scolaires adaptées, un accès abordable aux produits d’hygiène et une éducation reproductive complète. « Les menstruations ne doivent jamais être un facteur d’exclusion », a-t-elle insisté.

Parmi les défis considérables identifiés figurent la pauvreté persistante, l’insuffisance d’infrastructures sanitaires dans certaines écoles, le manque de formation spécialisée pour le personnel médical, la faible circulation de l’information scientifique. A cela, des pistes de solution ont émergé des discussions : intégration officielle de la santé menstruelle dans les politiques nationales, renforcement des budgets de santé reproductive, formation des agents de santé au diagnostic précoce de l’endométriose et multiplication des campagnes communautaires.

La représentante du ministère de la Santé publique et de la Prévention, Dr Nodjitoloum Toralta Josephine, a rappelé que de nombreuses adolescentes vivent encore leurs règles « dans le silence et la peur ». Elle a souligné l’engagement des autorités à renforcer l’intégration de la santé menstruelle dans les politiques sanitaires et scolaires, tout en améliorant la prise en charge des pathologies gynécologiques. Pour elle, briser le tabou constitue une étape essentielle vers une société plus équitable, où aucune fille ne voit son avenir compromis par une réalité biologique naturelle.

Sikngaye Tamaltan Inès

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