Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le stress est l’un des principaux problèmes de santé publique du siècle. Une prise de conscience de ses causes et l’adoption des stratégies pour sa gestion peuvent contribuer à réduire les risques. La clé réside dans la prévention et la prise en charge proactive de la santé mentale et physique selon les experts.
Ahmaday M. explique avoir vécu une période pénible avec la maladie de son père. Il affirme être stressé en longueur de la journée voyant son père sur le lit de l’hôpital, sa mère souffrant de mal de genou à son chevet et les navettes de ses sœurs. « Nous ne disposons pas assez de moyens puisque je suis diplômé sans emploi. Même pour payer les médicaments, c’était difficile, il faut attendre la contribution des proches. Voir mon père ainsi affaiblit et agonisant était la pire des périodes de ma vie », a-t-il déclaré.
Samira M. D. confie avoir vécu au quotidien une situation inconfortable avec sa mère pour la seule raison qu’elle ne soit pas encore mariée. Elle indique être l’objet d’insultes et de moqueries. « Ma mère ne cesse de prendre comme exemple mes sœurs mariées et me mettre mal à l’aise à chaque occasion. J’évite aujourd’hui les cérémonies familiales », a-t-elle affirmé.
Moussa Ousmane Ali Mahamat, docteur en psychologie de l’éducation à l’Université Roi Fayçal, définit le stress comme un déséquilibre et un état d’instabilité. Il explique qu’une personne stressée signifie qu’elle a perdu son équilibre, que son comportement est perturbé et qu’elle se trouve dans un état anormal. « Le stress est donc une réaction anormale de l’individu face aux pressions. L’être humain vit dans un environnement qui regorge d’éléments avec lesquels il interagit constamment. Ces éléments stimulent son comportement, l’amenant à réagir d’une manière ou d’une autre à ces stimuli, à ces alertes ou aux facteurs environnementaux qui l’entourent », a-t-il expliqué. Selon lui, le principal responsable des mécanismes du stress est le système nerveux qui est le gestionnaire global de nos sens, qu’il s’agisse de la vue, de l’ouïe, du goût, du toucher ou de l’odorat. Le psychologue indique qu’à travers ces sens, l’homme capte les signaux et les stimuli externes de son environnement, puis les transmet au cerveau qui les interprète. « Personne n’est totalement exempt de stress, il est omniprésent, mais il peut s’avérer soit positif, soit négatif, normal lorsque l’on rate un devoir auquel l’on est attaché ou anormal lorsqu’une situation affecte le corps et l’esprit », a ajouté le psychologue.
Personne n’est totalement exempt de stress
Pour lui, lorsque le stress survient généralement de manière soudaine et se dissipe rapidement, il s’agit du stress aigu et temporaire. Contrairement au stress aigu qui surgit brusquement et s’estompe vite, le stress chronique s’installe et s’inscrit dans la durée, des mois ou des années. « Le stress chronique est presque le résultat de pressions continues et permanentes de la vie, qu’elles soient professionnelles, sociales, financières ou psychologiques. Les plus redoutables sont sans conteste celles issues des crises financières et des problèmes sociaux. Plus ces crises et ces complications sociales durent, plus les mécanismes du stress s’intensifient. Au sein de cette catégorie, la forme de stress la plus dangereuse demeure le stress social », a-t-il indiqué. Il précise que les foyers en situation de conflit, les familles dysfonctionnelles, désunies, ou encore les cellules familiales ayant traversé un traumatisme ou un accident grave peuvent provoquer un traumatisme profond, altérant durablement l’état psychologique
Selon Moussa Ousmane Ali Mahamat, le passage d’une étape à une autre, le renouveau ou le changement dans la vie est également une source de stress. « En effet, lorsqu’un homme sort d’une routine pour s’engager dans une nouveauté, cela provoque chez lui une certaine tension », a-t-il déclaré.
Le sport recommandé
L’apparition d’une maladie chronique est une cause majeure de stress.
Dr Moussa Ousmane Ali Mahamat conseille de fractionner les objectifs et gérer les priorités. Il rappelle que face aux pressions de la vie quotidienne, professionnelle et de l’emploi qui génèrent de l’anxiété, il devient indispensable de diviser les grands objectifs en plusieurs étapes et périodes de temps, plutôt que de vouloir les accomplir d’un seul coup.
Il exhorte à pratiquer une activité physique. « Au-delà de l’adage classique «un esprit sain dans un corps sain», les recherches récentes en physiologie démontrent qu’un «corps sain dépend aussi d’un esprit sain», soulignant l’interaction constante entre le physique, le mental et la psyché. Sur le plan physiologique, le sport stimule la circulation sanguine, optimise le système nerveux ainsi que le travail musculaire, et régule les hormones, contribuant ainsi à réduire le stress parfois lié à des dysfonctionnements circulatoires ou nerveux », a-t-il exhorté.
Dans le même sens, le psychologue conseille de pratiquer des exercices de respiration, relaxation et spiritualité. Il ajoute qu’il faut savoir s’entourer, demander conseil et consulter un conseiller ou un psychologue en cas de besoin. A son avis, un conseiller psychologique saura orienter l’individu sur la gestion des agents stressants et cela l’aidera à corriger les mauvaises habitudes adoptées inconsciemment qui ne font qu’accentuer l’anxiété.
Naïma Ahmed Beïn












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