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Société

L’égalité de rémunération: Un défi mondial aux résonances tchadiennes

Chaque année, le 18 septembre marque la Journée internationale de l’égalité de rémunération. Cette journée rappelle un principe fondamental : « à travail égal, salaire égal ». Elle a été proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies pour sensibiliser le public aux inégalités salariales et encourager des actions concrètes pour y remédier. C’est l’occasion de sensibiliser l’opinion sur les discriminations de genre et de défendre l’équité salariale comme un droit humain essentiel au développement social.

À l’échelle internationale, la situation demeure préoccupante. Les femmes gagnent en moyenne 20 % de moins que les hommes, selon le rapport mondial sur les salaires de l’Organisation internationale du Travail (OIT) publié en 2022. Cet écart s’aggrave souvent avec la maternité, qui pèse sur leurs parcours professionnels. De plus, les femmes assument une part disproportionnée des tâches domestiques non rémunérées. Face à ces réalités, des initiatives mondiales menées par l’OIT et la Coalition Internationale pour l’Égalité Salariale (EPIC) plaident pour plus de transparence et de réformes ciblées.

Au Tchad, l’égalité salariale repose sur des textes juridiques précis. L’article 35 de la Constitution garantit à tout travailleur une juste rétribution pour sa production. Dans le secteur privé et parapublic, l’article 246 du Code du travail de 1996 impose l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale, sans distinction d’origine, de nationalité, d’âge ou de sexe. La loi y intègre le salaire de base et l’ensemble des avantages directs ou indirects.

La réforme de 2026 comme un élan d’adaptation

Un cap important a été franchi en septembre 2026. Le Conseil des ministres a adopté le projet de loi portant nouveau Code du travail pour remplacer le texte de 1996. Cette réforme introduit des avancées concrètes pour le marché de l’emploi. En ce qui concerne l’égalité et la transparence, le texte renforce la notion de salaire égal pour un travail de valeur égale. Il crée un index d’égalité salariale pour mesurer et corriger les écarts effectifs. La protection du milieu de travail met en lumière des nouvelles règles qui obligent les em- ployeurs à prévenir le harcèlement sexuel et moral via des mécanismes de signalement confidentiels. Pour la revalorisation des contrats à durée déterminée (CDD), l’indemnité de fin de contrat passe de 5% à 7% de ssalaires et avantages acquis durant le contrat.

Le texte encadre le télétravail et établit une présomption de salariat pour le travail sur plateformes numériques. La réforme s’aligne sur le Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ». Elle renforce la lutte contre le travail forcé, protège les travailleurs contre les discriminations liées au VIH et encadre les pires formes de travail des enfants.

Malgré des textes progressistes, les réalités du marché tchadien rappellent que la loi ne suffit pas toujours. L’économie informelle occupe une grande partie des femmes. Le poids des charges familiales non rémunérées et les stéréotypes socioculturels freinent encore l’accès des femmes aux mêmes opportunités de carrière que les hommes.

La célébration du 18 septembre invite à passer des textes aux actes. L’application du nouveau Code du travail de 2026 offre une opportunité réelle de bâtir un marché du travail plus équitable et inclusif au Tchad.

Streve Dinguemtog

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