À quelques jours de la fête de Ramadan, les marchés de bétail de N’Djaména connaissent une flambée du prix des moutons. Par rapport à l’année dernière à la même période, les tarifs ont augmenté, suscitant l’inquiétude chez de nombreux ménages qui souhaitent se procurer un mouton pour célébrer la fête dans la tradition.
Au marché de moutons situé à Diguel, dans le 8ᵉ arrondissement de la capitale, les prix varient actuellement entre 50.000 et 90.000 francs CFA, selon la taille et la qualité de mouton. Certains moutons de bonne corpulence peuvent même atteindre 100.000 francs CFA, ce qui rend leur acquisition difficile pour plusieurs familles.
Les commerçants expliquent cette flambée des prix par plusieurs facteurs. Abdoulaye Issa, vendeur de bétail rencontré sur place, souligne que la situation est principalement liée à la rareté des ressources nécessaires à l’élevage. Selon lui, l’augmentation du prix des aliments pour bétail pèse lourdement sur les coûts supportés par les éleveurs et les commerçants.
« Les aliments pour les animaux sont devenus très chers cette année. En plus de cela, les moutons viennent parfois de très loin avant d’arriver à N’Djaména. Ces moutons, nous les avons achetés à koundjourou, dans le Batha et certains à Gama, Melfi et N’Djaména Ali Dinar dans les provinces du guera et Hadjer-Lamis. Le transport coûte également beaucoup d’argent », explique-t-il. Ce long trajet, effectué depuis les zones rurales ou certaines provinces éloignées, contribue ainsi à augmenter le prix final de l’animal sur les marchés de la capitale.
Malgré cette hausse des prix, l’affluence reste relativement faible dans plusieurs points de vente. Au marché de bétail situé sur l’avenue Brachim Abatcha, communément appelée « 40 Bords », les commerçants évoquent une baisse notable des ventes. Certains vendeurs affirment que depuis trois jours, ils n’ont réussi à vendre que quatre à cinq moutons seulement. Une situation qui contraste fortement avec celle de l’année dernière, où les ventes étaient beaucoup plus dynamiques. « À la même période l’an dernier, nous pouvions vendre entre 25 et 30 moutons en quelques jours », confie Al-ihemir Haroun.
Le même constat est fait au petit marché de moutons situé sur l’avenue Erdogan. Tahir Hissein, également commerçant, déplore que le pouvoir d’achat des clients semble avoir diminué cette année. « Les gens n’ont pas assez d’argent. C’est vrai que la fête de Ramadan n’est pas la même chose que la fête de Tabaski, où la demande de moutons est beaucoup plus forte. Mais malgré cela, l’ambiance est vraiment morose cette année », explique-t-il.
« Nous avons anticipé une demande plus importante. Nous avons amené au total 200 moutons sur ce marché, mais pour le moment nous n’en avons vendu que dix », ajoute-t-il.
À quelques jours de la fête, ces derniers espèrent une amélioration des ventes. Beaucoup comptent sur les derniers jours précédant la célébration pour écouler une partie de leur bétail et limiter les pertes.
Les acheteurs quant à eux, fustigent qu’à chaque fois que la fête s’approche, les commerçants font grimper les prix des moutons. Hissein Abakar a parcouru les différents marchés à la recherche d’un mouton à un prix accessible, dans l’espoir de pouvoir célébrer la fête dans de meilleures conditions. « Je viens de sillonner les marchés. Les moutons coûtent chers contrairement à l’année dernière. J’ai acheté un mouton à 75.000 F CFA contre 60.000 F CFA ».
Abakar Gombo Doungous












Ajouter un commentaire