Parmi les structures chargées de booster le secteur de l’élevage au Tchad, il y a l’Institut de recherche en élevage pour le développement (IRED) qui est né du Laboratoire de recherches vétérinaires et zootechniques de Farcha (LRVZ). Créé dans le cadre de la recherche appliquée en santé animale, il contribue à l’amélioration des systèmes d’élevage et la valorisation des résultats de la recherche pour le secteur de l’élevage national.
L’IRED est l’acteur historique des productions de vaccins pour l’élevage au Tchad. Son prédécesseur, le LRVZ de Farcha, a contribué aux programmes d’éradication de la peste bovine (1949-2007) au Tchad. Malgré ce riche passé, l’institution fait face à des défis de production. Un rapport de 2025 évoque une forte réduction de sa capacité vaccinale qui est passée de 20 gammes de vaccins à 3 actuellement concentrées sur le traitement du charbon symptomatique, du charbon bactéridien et de la pasteurellose.
Lors de la visite surprise du président de la République, le 8 juillet 2025, l’ex-directeur général, Dr Arada Izadine, a fait savoir que l’IRED a longtemps incarné la fierté du Tchad grâce à sa réputation continentale en matière de production vaccinale. Hélas, le recul de sa production s’explique par une baisse significative de ses moyens financiers. Autrefois soutenu par une subvention annuelle de 1, 5 milliards de FCFA, l’Institut ne reçoit plus que 500 millions actuellement, alors que la masse salariale s’élève à 800 millions de F CFA par an. Face à cette réalité, le Président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno a ordonné au gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour restaurer la pleine capacité opérationnelle de l’IRED. Il a également instruit que 100 hectares de terrains soient mis à la disposition de l’Institut pour la construction de ses infrastructures.
En juin 2025, l’IRED a posé la toute première de pierre de construction du futur Centre d’excellence de transfert des compétences. Elle est une initiative de la coopération bilatérale entre le Tchad et la Hongrie. Cet effort a été salué par les responsables de l’IRED qui, selon eux, répondra aux objectifs stratégiques de leur institution. Ils ont notamment évoqué les enjeux liés à la production et à la transformation du lait de chamelle, ainsi que les recherches appliquées sur l’insémination artificielle et la génétique. Ce projet ambitieux pour l’élevage tchadien vise à faire de l’Institut un pôle d’excellence reconnu. Il cherche également à étendre sa production vaccinale et biologique, renforcer les partenariats internationaux et le transfert de technologie. Il opte aussi à intensifier la valorisation de la recherche et la diffusion des résultats auprès des acteurs de terrain.
Les défis à relever
L’IRED doit renforcer sa capacité de production vaccinale en remontant sa gamme et sa quantité de vaccins afin de répondre aux besoins nationaux et sous-régionaux. S’agissant des infrastructures et équipements, les installations sont jugées vétustes, ce qui limite sa production et son efficacité. Les ressources humaines et le financement ne sont pas également perdus de vue.
Les difficultés que rencontre l’IRED sont, entre autres, les effets du changement climatique et son adaptation, la modernisation des filières d’élevage avec les mutations des systèmes pastoraux et agro-pastoraux au Sahel. Cette institution est à la croisée des enjeux scientifiques, économiques et sociaux du secteur pastoral et de l’élevage. Si les défis sont nombreux, la dynamique de réforme, les partenariats internationaux et l’importance stratégique du secteur offrent une base solide pour que l’IRED renforce sa place comme acteur de premier plan pour le développement de l’élevage au Tchad et au-delà.
El hadj Ali Hassan Lalouche












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