Face à la prolifération inquiétante des contenus à caractère sexuel et des discours attentatoires à la pudeur sur les plateformes numériques au Tchad, l’institution parlementaire sort de sa réserve. Le Président de la Commission Communication, Télécommunication et Économie Numérique de l’Assemblée nationale, Dr Abdoulaye Ngardiguina, lève le voile sur la stratégie des députés de la IVème législature pour endiguer ce fléau qui ébranle les fondements de la société tchadienne.
Interrogé sur la place grandissante qu’occupent les directs provocants, les confessions intimes des jeunes et les démonstrations explicites sur TikTok, Facebook ou instagram, Dr Abdoulaye Ngardiguina exprime une vive préoccupation. « Cette situation est préoccupante, particulièrement lorsqu’elle touche les jeunes et porte atteinte à la dignité, à l’honneur ou à la vie privée des personnes », confie-t-il, tout en insistant sur le fait que cet espace virtuel ne saurait s’affranchir des règles de responsabilité élémentaires. Le parlementaire confirme que la Commission des TIC suit le dossier de très près. Loin de s’enfermer dans l’inaction, les députés s’attellent à passer au peigne fin l’arsenal juridique existant.
Identifier les failles et les insuffisances des textes actuels afin de proposer des amendements rigoureux, en parfaite concertation avec les acteurs techniques et institutionnels du cyberespace tchadien, tel est l’objectif qu’ils se sont fixé. Briser le sentiment d’impunité sans basculer dans la censure est l’un des points névralgiques de cette réforme qui concerne la nature des sanctions. Sur ce terrain, la position de la Commission se veut ferme mais équilibrée. Les sanctions envisagées devront être « proportionnées à la gravité des faits », touchant aussi bien le Code pénal que la législation spécifique au numérique. Pour Dr Abdoulaye Ngardiguina, l’ambition majeure de l’Assemblée nationale est claire : il faut lutter contre l’impunité dans l’espace numérique et réprimer lourdement le partage de contenus intimes diffusés sans le consentement des victimes. Cependant, le législateur tchadien est conscient des dérives autoritaires que pourrait engendrer une régulation excessive. Interpellé sur le risque de confiscation des libertés publiques, le Président de la Commission se montre rassurant.
Une priorité absolue
La lutte contre les dérives obscènes ne doit en aucun cas se transformer en un outil de restriction injustifiée de la liberté d’expression. L’encadrement parlementaire ciblera exclusivement les comportements qui portent un préjudice réel aux individus et à l’ordre public, préservant ainsi les droits fondamentaux des citoyens.
Éduquer et protéger les mineurs est le cœur de la stratégie parlementaire qui repose sur la protection de l’enfance, érigée au rang de priorité absolue. Pour la Commission, l’arsenal répressif perdrait de son efficacité s’il n’était pas adossé à une véritable politique de prévention. « La répression seule ne suffit pas », martèle Dr Abdoulaye Ngardiguina. L’Assemblée nationale préconise ainsi l’introduction d’une véritable éducation au numérique au sein des cursus scolaires. Cette démarche vise à responsabiliser la jeunesse tchadienne face à l’impact à long terme d’un simple clic ou d’un partage de vidéo. Pour réussir ce pari, le parlementaire appelle à une union sacrée impliquant les établissements d’enseignement, les médias, les géants du web, mais surtout les parents, premiers remparts contre l’effondrement des valeurs civiques.
Hassaballah Ahmat Khamis












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