Un an après son installation, le Conseil provincial du Moyen Chari, s’emploie à poser les bases d’une gouvernance locale fondée sur la transparence et l’efficacité. Malgré les difficultés inhérentes à une jeune institution, ses responsables affichent leur volonté d’avancer.
Le président du Conseil provincial, Dieudonné Djonabaye, dresse un bilan globalement positif. « Après une année d’existence, nous pouvons affirmer que le Conseil provincial du Moyen Chari se porte bien, malgré les contraintes liées à son fonctionnement ». Selon lui, l’institution en est encore à une phase fondatrice. « Nous sommes les premiers responsables de cette structure. Il nous revient de mettre en place les bases administratives, financières et techniques. Nous construisons progressivement une institution solide », explique-t-il.
Dès son installation, le Conseil a mené une vaste campagne de sensibilisation auprès des populations. Pendant plus de deux semaines, les équipes ont sillonné la province pour rencontrer les différentes composantes de la société. Jeunes, femmes, personnes vivant avec un handicap, autorités administratives, commerçants, chefs traditionnels et leaders religieux ont ainsi été informés de la mise en place et du rôle du Conseil provincial. « L’objectif était de faire connaître cette nouvelle institution et de favoriser son appropriation par les populations », précise le président.
Des contraintes liées aux ressources
Malgré ces efforts, le Conseil fait face à plusieurs défis, notamment en matière de ressources humaines et financières. Dieudonné Djonabaye souligne que le recrutement de personnel qualifié reste difficile en l’absence de moyens suffisants. « Nous ne pouvions pas engager du personnel sans garantie de pouvoir assurer les salaires sur la durée ». En outre, l’institution a dû faire face à des besoins essentiels tels que l’acquisition d’un siège, du matériel de bureau et des équipements logistiques. « Au début, nous avons fonctionné avec nos propres moyens, notamment nos véhicules personnels », ajoute-t-il. Le président du Conseil provincial reconnaît que la subvention allouée reste insuffisante pour répondre aux besoins de la province. « La première tranche, d’un montant de 100 millions de FCFA, nous est parvenue en août, alors que nous avions commencé à travailler depuis avril », explique-t-il. Face à cette situation, le Conseil mise sur une gestion rigoureuse et transparente des ressources disponibles. « Quelle que soit la faiblesse des moyens, l’essentiel est de garantir une gestion efficiente et transparente », insiste-t-il.
Membre de l’Association nationale des provinces du Tchad, le Conseil provincial du Moyen-Chari s’inscrit également dans une logique de coopération avec les autres provinces. « Nous entretenons de très bonnes relations au sein de l’association. Une plateforme d’échange nous permet de partager les informations et de nous entraider », souligne Dieudonné Djonabaye. Selon lui, cette synergie est essentielle pour faire de la décentralisation une réalité effective au Tchad.
Malgré les contraintes, le Conseil provincial du Moyen-Chari entend poursuivre ses efforts pour renforcer la gouvernance locale et répondre progressivement aux attentes des populations.
Naïma Ahmed Beïn












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