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Musée national : Quand le patrimoine tchadien devient une classe ouverte

Le Musée national du Tchad se transforme en une véritable salle de classe vivante pour des centaines d’élèves venus de divers horizons. Loin de la routine scolaire, ces sorties pédagogiques permettent aux jeunes de confronter leurs cours théoriques à la réalité des vestiges de l’époque de Sao, de Toumaï, des différentes civilisations, etc. Entre défis logistiques pour la direction du musée, satisfaction des enseignants et émerveillement des élèves, cette immersion au cœur du patrimoine national renforce l’identité culturelle et forge des citoyens tchadiens.

Devant les grilles du Musée national du Tchad, une marée d’uniformes scolaires fait la découverte de cette institution. Ici, l’histoire ne se lit plus seulement dans les manuels. Elle se touche, elle se contemple et elle se vit. Certains élèves munis de leurs smartphones et cahiers prennent notes et filment les œuvres. Les témoignages des jeunes visiteurs soulignent l’impact émotionnel et intellectuel de la sortie. Zakaria Adoum, un écolier, découvre ses origines pour la première fois. « Cette immersion rend les leçons beaucoup plus claires», nous confie-t-il. Son collègue Balsa Gakena est fier d’avoir vu le crâne de Toumaï, et la tête de Rabah décapitée, exhibée par un tirailleur en guise de victoire. Pour lui, ce n’est pas une simple promenade. « De retour à l’école, nous serons évalués pour partager ces connaissances avec ceux restés en classe »,  a-t-il déclaré.  Hadjara Alamine, élève de l’école As-Salam, compte bien jouer les ambassadrices. Une fois chez elle, elle sensibilisera sa famille à l’histoire du pays. D’un autre côté, Alhissein Maï reste marqué par les objets de la brousse, comme le seau en cuir : « Voir ces objets rend l’histoire plus belle et plus précieuse.»

Une démarche pédagogique

​Pour le corps enseignant, cette immersion est le prolongement indispensable des cours théoriques. Mme Zénaba Mariam, enseignante à l’école Abéna, voit dans ces objets notamment : vieilles calebasses ou chaises traditionnelles de l’époque des Sao, un pont entre les générations. C’est l’occasion pour les élèves de découvrir des reliques que leurs propres parents n’ont parfois jamais connues. Qu’il s’agisse d’Histoire, de Sciences de la vie et de la terre ou d’Instruction civique, le musée transforme les écrits du tableau en une réalité tangible.

 ​Les chefs d’établissement soutiennent que l’enjeu dépasse le cadre de simples notes. Abdallah Mahamat Saleh, directeur du complexe Gilelmarifa, estime que sortir l’enfant des murs de la classe est une mission noble. Que ce soit au musée, à la cité de Gaoui ou dans des unités de production, l’objectif est de lier la théorie à la pratique pour fixer durablement les connaissances. « Notre mission est de montrer à l’enfant la grandeur de son pays », conclut-il avec conviction.

Le directeur du Musée national du Tchad, Koumndé Mbaïtoubam, informe que la gestion de ces flux quotidiens est un véritable défi logistique. Accueillir des dizaines d’écoles exige une planification rigoureuse pour éviter l’engorgement des galeries. « Nous faisons passer les établissements par ordre d’arrivée, un par un. Pour les petits effectifs de 40 ou 50 élèves, nous mutualisons la visite sous la direction d’un guide spécialisé », a-t-il expliqué.

Abakar Gombo, Ahmat Sougui Goukouni (stagiaire)

 

 

 

 

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