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Société

Ramadan : L’APCD distribue des vivres aux réfugiés soudanais de Moura et Gaga

L’Association la Plume pour la Culture et le Développement (APCD) a lancé, le 27 février 2026, une opération de distribution d’aide alimentaire au profit des réfugiés soudanais des camps de Kuchaguine-Moura et Gaga ainsi que des familles vulnérables de la province du Ouadaï. Organisée dans le cadre du mois de Ramadan, cette initiative vise à renforcer la sécurité alimentaire des ménages déplacés et à exprimer un élan de solidarité envers des populations confrontées à des conditions de vie précaires.

À travers cette action, l’organisation entend apporter une assistance alimentaire concrète aux familles réfugiées et soutenir en priorité les plus vulnérables, notamment les femmes, les enfants et les personnes âgées. Les kits distribués sont composés de riz, sucre, dattes, farine et huile. Selon Oumar Dairou Sidiki, directeur des projets et représentant du président de l’APCD, cette opération « bénéficie à 2 300 familles réfugiées, contribuant ainsi à soulager un nombre important de personnes vivant dans des conditions précaires ». L’initiative est réalisée avec le soutien d’Al Nadjat Charity, une ONG koweïtienne engagée dans des actions humanitaires en faveur des populations vulnérables. Pour Oumar Dairou Sidiki, la dimension spirituelle du Ramadan justifie pleinement cette mobilisation car, c’est un moment de partage, de compassion et de soutien envers les plus démunis. Face aux difficultés que traversent les réfugiés soudanais, cette action vise à leur « permettre de vivre ce mois dans la dignité, en réduisant le poids des difficultés alimentaires ».

Le camp de Kuchaguine-Moura, l’un des principaux sites d’accueils dans la province du Ouadaï compte actuellement environ 25 000 réfugiés, selon Ali Djimet du bureau d’Abeché de la Commission nationale d’accueil et de réinsertion des réfugiés (CNAR) et gestionnaire du camp Kuchaguine-Moura. Le site continue d’accueillir de nouveaux arrivants relocalisés depuis Adré, à la frontière soudanaise. « Nous comptons relocaliser 20 000 réfugiés. Pour l’instant, environ 7 000 personnes ont déjà été relocalisées, ce qui laisse un écart d’environ 13 000 réfugiés à installer », précise-t-il tout en soulignant l’agrandissement du camp et l’augmentation constante du nombre de réfugiés qui accentuent la pression sur les services disponibles. Le contexte financier complique également la situation. D’après Ali Djimet, le gel de certains financements américains a eu un impact considérable sur les activités dans plusieurs secteurs, notamment la santé, l’éducation et le WASH.

Un dispositif structuré face à des défis persistants

La distribution des aides se fait à travers un mécanisme permettant de garantir l’équité. Les autorités s’appuient sur une base de données dénommée Progress qui recense l’ensemble des réfugiés enregistrés. « Grâce à ces données, nous pouvons identifier chaque réfugié, la taille de son ménage ainsi que ses éventuelles vulnérabilités », explique le gestionnaire Ali Djimet qui a également indiqué que lorsque les ressources ne permettent pas de couvrir tous les ménages, l’assistance est prioritairement orientée vers les personnes à besoins spécifiques.

Environ sept organisations nationales et internationales interviennent régulièrement dans le camp. Sur le plan sécuritaire, un détachement chargé de la protection des réfugiés et des humanitaires assure une présence permanente dans le camp. « On ne peut jamais dire que la sécurité est garantie à 100 %, mais pour l’instant, la situation est stable et aucun incident majeur n’est à signaler », souligne Ali Djimet. Les relations entre réfugiés et communauté hôte sont décrites comme globalement harmonieuses. Au marché de Moura, réfugiés et habitants locaux mènent leurs activités côte à côte, illustrant une cohabitation pacifique.

Pour les bénéficiaires, cette aide revêt une dimension profondément humaine. Abdallah Mahamat, réfugié soudanais et père de trois enfants, a exprimé sa gratitude envers les donateurs. Après avoir fui la guerre, il affirme avoir ressenti « du réconfort et de l’espoir » en recevant les aides alimentaires, qui ont contribué à alléger les souffrances de sa famille. Il remercie Al Nadjat Charity, l’APCD et les autorités tchadiennes pour leur soutien, tout en espérant un retour rapide dans son pays.

Miyadah Abakar Abderamane, mère de cinq enfants, partage une émotion similaire. Veuve depuis la guerre, elle confie : « J’ai ressenti une grande joie et un nouvel espoir dans nos vies lorsque nous avons reçu les aides alimentaires. Cela va beaucoup alléger nos souffrances ».

Engagée dans la promotion de la culture, de l’éducation et du développement communautaire, l’APCD œuvre également dans le domaine humanitaire en faveur des populations vulnérables. Depuis 2023, l’association intervient auprès des réfugiés soudanais dans les zones d’Abéché et d’Adré, en mettant en œuvre des actions adaptées aux besoins urgents identifiés sur le terrain. À travers cette opération de Ramadan, elle réaffirme son engagement à renforcer la solidarité et à soutenir durablement les populations déplacées.

Sikngaye Tamaltan Inès

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