A N’Djaména, les mini bus ressemblent à des ferrailles. Certains n’ont ni rétroviseur, ni phares, moins encore des clignotants ou bloc de feux arrière. Ce qui importe les conducteurs, c’est le gain du jour. Ces minibus sont régulièrement impliqués dans des accidents de route et des pannes en plein milieu de la voie publique.
Le plus grand danger sur les voies bitumées ne vient pas forcément de la vitesse, mais également de l’état des mini bus de transport urbain appelés communément « Car ». Le premier problème, c’est l’aspect physique. Youssouf Idriss, moto-taximan témoigne : « il était une fois, un mini bus a viré brusquement devant moi sans se contrôler. Comme le bus n’avait pas de rétroviseur, le chauffeur ne savait pas où j’étais. J’ai failli finir sous les roues. Il conduit comme s’il était seul sur la route », déplore-t-il. Selon lui, dès qu’un chauffeur voit un client au bord de la route, il s’arrête sans se contrôler. « Si vous êtes à moto ou à pieds derrière ce dernier, il faut de la précaution sinon vous serez percutés », renchérit-il.
Le danger est partout. Hamza Mahamat, citoyen lambda, exprime son inquiétude : « Ces mini bus nous mettent en danger. A Chaque fois que, je sors pour mes courses, j’ai peur de rester de ces bus. Hormis le non respect du code routier, ces bus présentent des anomalies non seulement sur leur état physique mais aussi sur leurs moteurs».
Habsita Doungous, une cliente souligne que « nos mini bus de transport urbain sont amortis, mais on est obligé de monter dedans parce qu’on n’a pas le choix. On nous fait entasser à quatre sur un siège prévu pour trois clients, mais à la fin du trajet, on descend avec des douleurs partout dans le corps ».
Abdelaziz A., chauffeur d’un mini bus, donne sa position : « je suis un simple chauffeur de mini bus. Quand le véhicule tombe en panne, on informe le propriétaire mais il refuse de réparer. L’entretien qui nous pose problème également. Par rapport aux accidents, le vrai problème survient des adolescents qui conduisent des voitures sans permis. Il y a aussi l’état d’ivresse avancé de certains conducteurs qui cause des accidents».
Selon Fadoul Abdoulwah, chauffeur de mini bus, explique qu’il exerce ce travail pendant plusieurs années pour subvenir aux besoins de ses enfants. Les propriétaires ne se soucient que de leurs recettes journalières, a-t-il souligné.
Dans un communiqué rendu public le 09 avril 2026, la mairie de la ville de N’Djaména a donné un délai de 60 jours aux transporteurs pour se mettre en conformité avec cette nouvelle réglementation et oblige chaque propriétaire de mini bus à obtenir un agrément de transport après vérification, à se faire enrôler à la voirie urbaine pour avoir un numéro d’identifiant et à peindre son véhicule aux couleurs exigées.
Hélas, cette décision n’est respectée. Des bus avec un état mécanique et technique précaire, des moteurs usés, sans rétroviseurs et clignotants, continuent de circuler.
Le policier Yacoub A. explique que « le code de la route interdit la circulation des voitures et minisbus qui ne sont pas en bonne état physique. Ces engins à quatre roues sans rétroviseurs, sans clignotants, sans bloc de feux arrière et sans phares, sont souvent interpellés et amendés mais une fois libérés, ils continuent de circuler sans toutefois réparer les organes manquants ».
Le pouvoir public doit imposer le respect strict du code de la route tout en interpellant les conducteurs et usagers aux valeurs citoyennes.
Ahmat Sougui Goukouni, stagiaire












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