Sur le fleuve Chari, la pêche est l’une des activités phares devenue une tradition qui se transmet de génération en génération. Les pêcheurs veillent jour et nuit pour ravitailler les marchés. Cette activité se pratique aujourd’hui dans un contexte marqué par l’assèchement des cours d’eau et la pression démographique. Comment cette situation impacte les revenus et rend vulnérable les pêcheurs.
Au bord du fleuve, Diongar Claude prépare ses filets pour aller à l’assaut. Une routine que cet homme la quarantaine révolue, fait depuis son enfance. Il tire son revenu principal de cette activité qui malheureusement ne lui permet pas de vivre comme avant. « Les activités de la pêche se passent du jour comme la nuit. Les prises nous permettent de gagner entre 1500 Fcfa à 2500 Fcfa. Beaucoup de pêcheurs ont quitté à cause de l’insuffisance des matériels de pêche et de la baisse de production ». Djenaissem Francis, un autre pêcheur soutient que la pêche est aujourd’hui peu rendable.
Le délégué des pêcheurs sur le fleuve Chari, Allafi Richard Abba, souligne que cette activité lui rapporte entre 20 000 à 100 000 Fcfa le mois. Ces revenus sont accompagnés de nombreux défis. Selon lui, l’absence des équipements modernes limite la productivité. Il évoque également la question de la sécurité des pêcheurs surtout la nuit. « Les pêcheurs doivent s’adapter à ces changements pour maintenir leur activité. Nous demandons l’appui des autorités pour les matériels. Nous plaidons auprès des institutions comme de l’Office National pour la Promotion d’Emploi (ONAPE) pour des crédits et des formations sur les techniques de pêche modernes », sollicite-t-il.
La surexploitation des ressources halieutiques entraîne une diminution des stocks de poissons, menaçant même la vie aquatique. La pêche sur le fleuve Chari est une ressource vitale pour les communautés locales, notamment en matière de l’économie. Face au choc climatique et la pression démographique, les pêcheurs voient une menace à leur survie. Les rendements ne sont pas les mêmes mettant en exergue la problématique de la résilience afin de ravitailler les marchés. La reconversion dans la pisciculture est une alternative qui peut permettre à ces nombreuses personnes qui dépendent du fleuve tout au long de son lit à faire face au quotidien. Ces actions doivent être accompagnées d’une bonne régulation de gestion durable.
Moundamaide N’dingalaou Eveline












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