À N’Djaména, la chaleur s’impose dès les premières heures de la journée. Le 14 avril 2026, à peine 9 heures, le thermomètre affiche déjà 38 °C. Depuis le début du mois, la capitale tchadienne est frappée par une période de fortes chaleurs. Sur le terrain, pourtant, ses effets sont loin de l’être, notamment pour les personnes âgées, sont mises à rude épreuve.
A Chagoua, Diguel, Moursal ou Abena, les habitudes changent au rythme des températures. Les vêtements synthétiques disparaissent peu à peu, remplacés par des tenues légères en coton. Un ajustement devenu in dispensable pour tenter de supporter la chaleur.
Assise devant sa concession à Chagoua, Hawa Ousmane, 72 ans, en témoigne. Elle a entièrement revu sa garde-robe. « Je ne porte que des boubous en coton. J’ai rangé tous les habits en polyster. Même le foulard noir, je mets ce qui est très léger. Le soir, je me change encore parce que je transpire beaucoup », raconte-t-elle.
Mais au-delà de l’inconfort, la chaleur bouleverse aussi les nuits. Dans de nombreuses habitations, l’air devient irrespirable. À Gassi, Fatimé Gatta, 60 ans, a fait un choix contraignant : dormir à la belle étoile. « Ce n’est pas facile, mais je supporte seulement », confie-t-elle.
À Diguel, Baba Younous, 80 ans, évoque une fatigue persistante et des difficultés à respirer. Même les gestes les plus simples deviennent éprouvants. « Quand je sors tôt le matin pour la mosquée, je ne reste pas longtemps dehors pour ne pas aggraver ma souffrance », explique-t-il.
Pour les personnes souffrant de maladies chroniques, la situation est encore plus critique. Djimta Ngone-Djim, ancien combattant, ne peut pas se permettre de dormir à l’extérieur. Enfermé dans une maison surchauffée, il tente de se rafraîchir comme il peut. « Je reste avec un drap mouillé sur moi. Quand il y a coupure d’électricité, c’est l’enfer », dit-il.
Chez les personnes âgées hypertendues ou diabétiques, les conséquences sont immédiates. Rimrabé Gaspard, 82 ans, observe une dégradation de son état de santé. « Ma tension monte, j’ai des vertiges et je me fatigue très vite », témoigne-t-il.
Face à cette situation, les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme. Le médecin généraliste, Tom Ousmane, insiste sur des gestes simples mais essentiels. « Il faut boire régulièrement, même sans avoir soif », rappelle-t-il. Il recommande également d’éviter toute exposition entre 11 heures et 16 heures et de privilégier les espaces frais. En l’absence de climatisation, des solutions alternatives existent. « Les douches fraîches ou les linges humides sur le corps permettent de faire baisser la température », précise le médecin. « En cas de fatigue importante ou de perte d’appétit, il faut se faire consulter rapidement », insiste-t-il.
À N’Djaména, la chaleur ne se contente pas d’incommoder : elle fragilise. Et pour les personnes âgées, chaque journée devient une épreuve supplémentaire à surmonter.
Kemnelem Sophie












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